Si une chose domine ArtbyGenève, premier du nom, c’est bien la photo. «Je l’aime pour son immédiateté autant que pour les pièges que le 8e art nous tend aujourd’hui», explique Christoph Bollmann, directeur artistique de la manifestation située sur la galerie au-dessus du Salon du livre.«On ne peut plus croire à une valeur de témoignage. La photo illustre forcément le point de vue d’un créateur.»
«Il faut être là»
De telles images, il y en a bien sûr dans les galeries. Christine Ventouras, de Krisal, qui avait déjà participé en avril 2009 à l’édition de transition, est revenue avec un mega-stand. «Il faut être là. Si nous voulons une foire de qualité à Genève, nous devons soutenir une tentative de ce genre.» Christine, qui vient aussi «pour sa publicité», a amené ses artistes habituels, «plus quelques petits nouveaux». Le très commercial alterne avec l’image difficile. «Je ne ferai pas mon année avec les lits des prostituées photographiés au bord des autoroutes italiennes par Jean Revillard, mais je suis fière de montrer aussi ça.»
Retombées diverses
Pour Cyril Kobler, Artby-Genève représente une première. Il n’avait jamais participé à une foire avant. Le directeur de La Galerie, à la Coulouvrenière, vient bien sûr avec lui-même comme artiste, mais aussi avec des gens qu’il a déjà montrés et auxquels il croit. «Je pense qu’il est bon que nous venions tirer à la même corde», précise Cyril. Pour le moment, les résultats financiers se font attendre. «Il y a très peu de monde.» Mais il existe d’autres retombées. «Je vois des gens intéressés. Je distribue beaucoup de cartes.» Lui-même, qui compose des villes imaginaires à l’ordinateur en partant d’images réelles, vend ordinairement surtout aux banques ou aux assurances. «Je leur offre des images rassurantes, toujours tirées très grand.»
Même son de cloche chez Imaginaid, installé depuis trois ans aux Grottes. «Nous assurons principalement la promotion de jeunes photographes suisses», explique Serge Macia. L’homme entend se situer «entre le documentaire et l’image plasticienne». Il aimerait «assurer une visibilité supplémentaire» à un espace situé dans un quartier peu fréquenté des amateurs d’art. Précisons que ses prix sont les mêmes que ceux de ses concurrents. Pour une photo de bonne taille, il faut compter à ArtbyGenève 2500?francs.
Une grande exposition
Certains photographes disposent de leur propre stand. «J’ai voulu distinguer les galeristes – qui sont des passeurs – des artistes», explique Bollmann. Parmi ces indépendants figure le Vaudois Régis Colombo, dont les Transparencies obtenues de manière informatique se situent dans la tranche de prix supérieure. «Je suis venu pour deux raisons. La première est que je suis sur le Project-Images, illustré ailleurs dans le salon. La seconde est que je voulais montrer mon travail sans passer par les galeristes. Ils me semblent former un monde redoutable.»
Ajoutons encore qu’ Artby-Genève propose aussi une grande exposition. Elle se voit dédiée à la photographe Laurence Leblanc, vue notamment aux Rencontres d’Arles. Il s’agit de reportages très retenus, où le flou joue un grand rôle. «C’est une femme très bien, et qui n’a pas la grosse tête», précise Cyril Kobler. Il y aurait pourtant de quoi!