La police genevoise a dévoilé mardi matin les chiffres de la criminalité durant l'année 2009. Si le nombre d'infractions à l'intégrité corporelle (meurtre, tentative de meurtre, coups et blessures) a légèrement diminué, le nombre d'infractions au patrimoine, c'est-à-dire les vols, les cambriolages, le vandalisme, a augmenté de 7% l'an dernier par rapport à 2008. La progression du nombre de hold up, par exemple, est assez spectaculaire. On est passé de 2 attaques à main armée en 2008 à 11 en 2009. Le nombre de car-jacking, lui, est resté stable. La police a mené l'an dernier deux opérations d'envergure, notamment pour tenter de sécuriser les bureaux de poste lors de l'ouverture matinale.
Constatation réjouissante pour la police genevoise, les délits dirigés contre les personnes ont diminué de 2% mais surtout, il est à relever le très bon taux d'élucidation en comparaison nationale. En clair, la police genevoise s'est montrée particulièrement perspicace dans ce type d'affaires. En revanche il n'en est pas de même en matière de délits contre le patrimoine. Là, le taux d'élucidation est faible comparé aux autres cantons suisses.
Au chapitre de la sécurité routière, la police constate que ses efforts de prévention ont porté leurs fruits, puisqu le nombre d'accidents de la circulation a fortement baissé en 2009 sur les routes genevoises. Il reste toutefois un gros point noir: celui du nombre de cas mortels, qui s'est accru fortement.
Pour améliorer la situation, des mesures vont être prises rapidement. La plus spectaculaire d'entre-elles sera l'opération "Figaro", soit le déploiement d'importantes forces de police au centre-ville, dans les quartiers des Pâquis, des Eaux-Vives, de la gare de Cornavin et de Rive. L'opération débutera en avril et s'achèvera en décembre. Son but? Rendre les forces de polices beaucoup plus visibles en ville et surtout les coordoner de façon plus efficiente.
La nouvelle conseillère d'Etat en charge du département de sécurité police et environnement, Isabel Rochat s'est déclarée inquiète. «La situation de la sécurité à Genève est franchement préoccupante», a-t-elle dit mardi lors de la présentation du bilan 2009 de la police genevoise.
Mais la recrudescence de la petite criminalité n'est qu'un élément parmi d'autres des problèmes rencontrés pas Mme Rochat. La ministre doit aussi faire face à des prisons pleines, à «des quartiers perdus» et à la grogne montante de la population à l'égard de ses autorités. "Il est urgent d'agir rapidement" a-t-elle conclu.