Il travaille depuis cinq mois comme manutentionnaire chez Manor. Mais son rêve est ailleurs. Il n’a qu’une idée en tête: quitter l’Europe pour retaper une maison sur la terre natale de sa famille en Tunisie. Visiblement impatient, ce Français, né en 1979, décide de voler près de 80?000?francs de marchandises à son employeur. Résultat: le 26 février dernier, l’homme se retrouve sous les verrous.
Complicités internes?
Sa détention préventive vient d’être prolongée de deux semaines, le temps pour le juge de déterminer l’ampleur des vols de bijoux et vérifier si l’inculpé, défendu par Me Yann Arnold, a bénéficié de complicités. En dépit de l’absence d’antécédents judiciaires du prévenu, la Chambre d’accusation préfère pour l’heure le laisser réfléchir à ses actes dans sa cellule de prison à Champ-Dollon: «Il existe un risque de fuite en raison du fait qu’il n’a aucune attache avec la Suisse», précise la justice.
C’est la responsable de la sécurité, entendue par le juge d’instruction Pierre Bungener, qui a porté plainte contre l’inculpé, placé chez Manor via une agence de travail temporaire. Le suspect, qui déclare notamment à la police avoir agi par jeu, a été interpellé sur son lieu de travail. Le 9 février, il a dérobé deux colis contenant différentes pièces de bijouterie pour un montant de 63?319?fr.?50. L’employé a reconnu avoir volé ces bijoux ainsi que de nombreux autres articles (matériel électronique, montres). Il en a ensuite revendu une partie dans des magasins de matériel d’occasion, à Genève et à Lausanne.
La justice veut récupérer les objets revendus
Le prévenu, qui semble bien collaborer avec les enquêteurs, a également reconnu avoir tenté de vendre sa marchandise via Internet. En vain, dit-il.
L’instruction se poursuit. Contacté hier, son avocat n’a pas souhaité faire de commentaire.