Le violeur en série marocain jugé depuis lundi par la Cour d’assises a été reconnu coupable en début d’après-midi de viol, tentative de viol et contrainte sexuelle avec la circonstance aggravante de la cruauté. En l’espace de 12 jours durant l’été 2008, il avait sauvagement agressé un toxicomane, une mère de famille et une dame de 93 ans. Mercredi soir, la Cour d'assises l' a condamné à 14 ans de prison. Le substitut du procureur avait requis 20 ans assorti à une mesure d'internement afin de garantir la sécurité publique. Ce dernier attendant les considérants du jugement pour décider s'il va recourir.
Suivant l’expert psychiatre, le jury lui a reconnu une responsabilité pénale très légèrement restreinte compte tenu de son hypothétique ivresse au moment des faits. Sur la base des rapports médicaux, des déclarations des infirmières et des aveux partiels de l’accusé, il n’a eu aucun doute sur le supplice infligé durant plusieurs heures à sa première victime, un ex-toxicomane, dans la nuit du 16 au 17 août 2008. Il l’a ligoté, lui a passé un sac poubelle sur la tête, étranglé avec une cordelette, frappé à coups de ciseaux, l’a contraint à lui prodiguer des fellations et l’a sodomisé à plusieurs reprises. Cet homme est d’ailleurs mort quelques mois après cet épisode dans des circonstances troubles. Pas de doute non plus pour les jurés sur l’agression de la nonagénaire devant laquelle le violeur s’est déshabillé et, le sexe en érection, l’a menacée de mort si elle ne se soumettait pas. Elle s’en est tirée grâce à son exceptionnel courage (elle a enjambé la fenêtre pour se réfugier sur la marquise de l’immeuble) et à l’intervention de tiers. Quelques jours plus tard, le prévenu a employé également une cruauté hors normes avec la mère de famille qu’il a violée et rouée de coups.
Le premier substitut du procureur, Marco Rossier, prononcera son réquisitoire sur la peine à 15h, suivra la plaidoirie de l’avocat de la défense, Me Andreas Dekany. Le jugement sur la peine sera rendu tard dans la soirée par la Cour d’assises présidée par le juge François Paychère.