Des vélos électriques d’un nouveau genre arrivent dans le canton. Pouvant atteindre 55?km/h, ils posent de nombreuses questions pratiques.
Les acheteurs sont déjà nombreux: «Nous avons ouvert le magasin il y a un mois et nous avons déjà vendu 36 vélos», indique Mathias Gossauer, mécanicien et vendeur chez Stromer. Plus de la moitié des vélos électriques écoulés ont la capacité d’atteindre les 50?km/h. Vendus entre 3990 et 6000?francs, ils ressemblent étonnamment à des VTT. La batterie est intégrée dans le cadre.
Les véhicules qui ne dépassent pas les 25?km/h sont considérés comme des cyclomoteurs légers. La vignette suffit et le port du casque, bien que conseillé par les professionnels, n’est pas obligatoire. Par contre, les enfants de moins de 14?ans ne peuvent pas les conduire. Entre 14 et 16?ans, un permis de cyclomoteur est obligatoire.
«A partir de 25?km/h, les vélos électriques sont considérés comme des cyclomoteurs, précise Brgitte Perez, directrice des services généraux de l’Office cantonal des automobiles. Ils doivent être immatriculés et un permis est obligatoire.» Selon l’ordonnance fédérale sur les règles de la circulation, le port du casque est obligatoire pour les véhicules excédant les 20?km/h. «Comme les vélos électriques avancent uniquement si le cycliste pédale, et le moteur est uniquement une assistance, ils sont une exception», explique Antonello Laveglia, porte-parole de l’Office fédéral des routes. Il en va de même pour l’accès aux pistes cyclables, normalement interdites aux véhicules excédant les 30?km/h.
Bruno Chevrol, directeur du magasin Stromer, avoue que ce n’est pas très logique: «Un accident à vélo ou à scooter à cette vitesse fait les mêmes dégâts. Heureusement, nos vélos sont équipés de freins à disques hydrauliques. Il s’agit de la même technologie que l’on trouve sur les motos, mais nos véhicules ne pèsent que 25 kilos. Ils ont du coup une capacité de freinage beaucoup plus grande que les scooters.»
«Il faut dire que si on doit mettre un casque de moto pour aller sur un vélo électrique, on n’en vend plus un seul!» explique Frédérique Goliasch, responsable du magasin Flyer centre.
Reste que les usagers de la route, qu’ils soient automobilistes, motards ou piétons, ne s’attendent pas à voir arriver un vélo aussi vite. Les comportements et l’anticipation vont devoir s’adapter à ces nouveaux venus. Dès la rentrée prochaine, Stromer compte d’ailleurs offrir des cours de sensibilisation à la conduite des vélos électriques pour tout achat d’un de leurs cycles.