Le vandalisme aura eu raison de la gare des Eaux-Vives. Bureaux et douanes fermés, salle d’attente bouclée, fenêtres condamnées et horaires d’ouverture réduits: suite à de violents actes de vandalisme, les lieux sont aujourd’hui quasi vides, malgré le passage quotidien de nombreux voyageurs.
Pourquoi un tel état de délabrement? Une nuit de décembre dernier, le bâtiment – propriété de l’Etat – avait été vandalisé par quatre jeunes. Ceux-ci avaient notamment «caillassé» les vitres, y compris celles du bureau de change, et incendié le matelas du sans-abri qui, à l’époque, dormait dans la salle d’attente donnant sur les voies. Un sinistre qui avait nécessité l’intervention de plusieurs véhicules du Service d’incendie et de secours (SIS) et qui avait entièrement détruit la pièce en question.
Suite à cet incident, plusieurs parties de la gare sont désormais fermées au public. La salle d’attente, aujourd’hui hors d’usage, ainsi que les locaux des Douanes suisses et françaises ont effectivement été bouclés.
La SNCF, qui exploite le bâtiment, a également décidé de fermer son propre guichet de vente de billets: plusieurs affiches expliquent en effet aux passagers que depuis les actes de vandalisme survenus en décembre, la société a décidé de clore temporairement ses bureaux, le temps d’installer des vitrages de sécurité. Les fenêtres gardent désormais leurs volets fermés et ont été, en partie, condamnées à l’aide de panneaux de bois.
Aujourd’hui, seul le grand hall central reste ouvert au public, avec des horaires réduits: ce sont aujourd’hui les employés d’un petit bureau de change, seule présence humaine permanente dans cette gare, qui se chargent d’en ouvrir les portes chaque matin et de les verrouiller en partant le soir.
Les usagers peuvent donc encore attendre leur train au chaud, mais seulement de 9?h à 13?h et de 14?h à 19?h, du lundi au vendredi. En dehors de ces heures et durant les week-ends, le bâtiment est totalement fermé, afin d’éviter tout acte de vandalisme.
La vitrine du bureau de change porte d’ailleurs encore les traces des violentes déprédations commises l’an passé. «J’attends toujours que l’on me la remplace, explique le gérant, remonté par cette situation de statu quo. Les voyageurs sont nombreux à venir nous demander des renseignements sur les trains.»
Conseil d’Etat interpellé
Une interpellation urgente, déplorant le sort des usagers transitant par cette gare, et notamment des pendulaires, a récemment été déposée au Grand Conseil. Le texte demande si des solutions provisoires – avant le début des grands travaux liés à la construction de la gare du CEVA (Cornavin-Eaux-Vives-Annemasse) et du futur quartier – pourraient être mises en place afin d’améliorer le confort des usagers, qui ne disposent «même pas d’une marquise ou d’un abribus».
Dans sa réponse, le Conseil d’Etat a précisé que cette situation était «provisoire». L’accueil des voyageurs devrait s’arranger avec la réouverture du guichet SNCF, mais aucune grande rénovation n’est à l’ordre du jour au vu de la mutation prochaine du quartier.
Des solutions concernant l’accueil de la clientèle durant les travaux sont à l’étude. Le bâtiment devra notamment être consolidé afin de continuer à être accessible au public lors du chantier. A terme, la halte sera démolie et remplacée par une gare souterraine.