Il est midi ce mardi, je me suis méchamment coupé le doigt en préparant des carottes. Que faire? Aller aux Urgences! Mais combien de temps vais-je devoir attendre? L'application iPad des Hôpitaux universitaires de Genève répond à cette question: 59 minutes à la Clinique des Grangettes, 2 heures 10 à l'Hôpital de la Tour, 1 heure 30 aux urgences de l'hôpital cantonal. Pierre-François Unger est assez fier de cette application. Le ministre de la santé préside le Conseil d'Etat en 2012. Il assure la permanence de l'Etat entre Noël et Nouvel An et s'autorise une tenue plus décontractée.
Et ceux qui ne dispose pas de l'intelliphone d'Apple? - Ils peuvent installer l'application directement sur leur ordinateur et sur quelques autres smartphones*. Les urgences à La Tour, à Onex, à Carouge, aux Grangettes, ça fonctionne depuis trois ans déjà, rappelle le ministre, mais les Genevois ont encore de la peine à aller ailleurs qu'au boulevard de la Cluse. Pourtant, assure Pierre-François Unger, les soins sont les mêmes, la formation du personnel soignant aussi, tout comme les tarifs.
Quoi de neuf sinon à la Santé? La vraie nouveauté de cette fin d'année, c'est le libre choix de l'hôpital. Dès le 1er janvier, les cliniques privées pourront accueillir des patients ne disposant que de l'assurance maladie de base. Sans frais supplémentaires. Le canton paiera 55% de la facture, ce qu'il paie à l'hôpital cantonal, le reste sera pris en charge par l'assurance maladie.
Cette innovation est le résultat de la révision de la Lamal, votée en 2007. Elle fait notamment obligation aux cantons de prendre en compte les frais d'hospitalisation des patients disposant d'une assurance complémentaire. Dur à avaler pour un canton qui annonce 349 millions de francs de déficit l'an prochain. Pierre-François Unger a donc serré les boulons. Chaque fois qu'une clinique genevoise demandera la participation du canton aux frais d'hospitalisation d'un patient privé, elle doit s'engager à accueillir un patient AOS (ne disposant que de l'assurance obligatoire des soins). Il en coûtera 21 millions au canton contre 150 millions si cette cautèle n'avait pas été votée à Genève.
L'autre révolution qui attend les hôpitaux suisses, c'est la facturation à l'acte et non plus à la journée. En principe les patients ne devraient pas sentir la différence de pratique. Elle a pour but de pouvoir comparer le coût des prestations entre les hôpitaux, de les contraindre à réduire leur coûts et à rechercher les meilleures pratiques.
* Cliquez ici pour installer l'application urgences des HUG http://ihug.hug-ge.ch/web.html et là http://www.urgences-ge.ch/fr/index.php pour le Réseau urgences Genève.