TRICHERIE

L’Université s’arme contre la fraude et le plagiat

Par CHLOÉ DETHURENS le 28.03.2009 à 00:00

Une série de mesures ont été mises en place à la rentrée 2008.

Copier le travail d’un chercheur ou aller à la pêche aux citations sur Internet n’est désormais plus un jeu d’enfant pour les étudiants genevois. Depuis la rentrée 2008, l’Université est désormais dotée de directives et de recommandations globales destinées à toutes les facultés, afin de lutter contre la fraude et le plagiat.?

Celles-ci n’ont ni explosé ni diminué ces dernières années. Mais avec une utilisation désormais systématique du Web dans les études, à la maison autant qu’en cours, les techniques de tricherie ont évolué. Un véritable marché de la fraude s’est développé sur Internet, proposant aux étudiants d’acheter textes et analyses souvent d’une qualité médiocre. Une technique de triche tout aussi nuisible à l’objectif d’enseignement recherché par les professeurs que le vol de citations.

Le droit et la psychologie

C’est dans ce contexte qu’en 2007, l’alma mater a créé un groupe de travail qui a réfléchi à des mesures communes tant aux lettres qu’à la médecine. «Il ne s’agit pas seulement d’une mise à jour, explique le vice-recteur Flückiger. Il n’y a jamais eu de directives globales à l’UNIGE. Ainsi, chaque faculté était plus ou moins active pour prévenir le plagiat et certains règlements d’étude ne mentionnaient pas explicitement les sanctions appliquées à l’égard des fraudeurs.» Parmi les plus exigeantes: le droit et la psychologie.

Engagement éthique

Ces nouvelles instructions, mises en place en septembre après un large processus de consultation interne, contiennent trois volets. Le premier consiste à informer les étudiants sur la position de l’Université concernant fraude et plagiat. Concrètement, il s’agit pour chaque faculté (certaines le font déjà) de faire signer aux nouveaux inscrits un formulaire leur expliquant leurs droits et devoirs en la matière. Une autre mesure prévoit que les facultés fassent systématiquement signer, au début de chaque bachelor ou master, une déclaration dans laquelle l’étudiant garantit l’originalité de ses travaux et le respect des règles lors d’usage de citations d’autres auteurs. Une formalité que l’universitaire pourrait avoir à répéter avant chaque reddition de devoir écrit ou d’examen.

Enfin, les directives demandent que le règlement de chaque faculté intègre désormais la thématique de la fraude. Ces textes devront donc tous notifier que la triche est synonyme d’échec à l’examen, voire à la session entière d’examens, que cet échec peut être considéré comme définitif et que la fraude peut être dénoncée par le Collège des professeurs au Conseil de discipline de l’Université.

Ces nouvelles dispositions recommandent finalement aux facultés d’informer les enseignants sur la marche à suivre en cas de plagiat et de les soutenir s’ils décident de dénoncer l’étudiant.

Afin d’intensifier sa lutte contre les tricheurs, le rectorat réfléchit également à l’acquisition de logiciels de détection. Mais leur sélection est délicate, car les fraudeurs apprennent à s’y adapter, évoluant de semestre en semestre. Le vice-recteur Flückiger de conclure: «Le meilleur dépistage reste celui que les professeurs assurent en suivant de très près les travaux de leurs étudiants. Malheureusement, le nombre élevé d’étudiants qu’ils doivent parfois superviser ne leur permet pas toujours de le faire.»

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