Que va étudier Acqwa??
Le projet s’articule autour de deux grands axes: le premier concerne la simulation des effets climatiques sur les précipitations, le comportement de la neige et des glaciers, et la réaction des cours d’eau. Le deuxième concerne les impacts collatéraux des changements hydrologiques sur l’environnement naturel et de nombreux secteurs économiques (énergie, tourisme, agriculture). Les régions de montagne sont intéressantes car elles sont très sensibles au réchauffement et ont des impacts très importants.
Les effets du réchauffement y sont du reste bien étudiés. En quoi votre projet est-il original?
Ce qui est nouveau, c’est que nous ne travaillons pas secteur par secteur mais nous proposons une vision intégrée des impacts qui inclut notamment des aspects socio-économiques. Concrètement, il s’agit de chiffrer des coûts et des échéances afin de fournir des réponses aux décideurs européens.
Les scénarios de réchauffement oscillent entre +2 et +6 degrés C d’ici à 2100. Lequel allez-vous considérer?
Nous en étudierons 5 ou 6, du plus modeste au plus élevé. Dans certains cas, cela ne fera toutefois pas une grande différence: la disparition des glaciers est inéluctable, l’incertitude concerne le moment. Si l’échéance est plus longue, cela permettra de mieux se préparer.
Votre horizon-temps est le milieu du siècle. Pourquoi?
Justement parce que les décisions sont plus faciles à prendre pour d’ici à trente ou cinquante ans que pour dans cent ans. C’est ce dont ont besoin nos décideurs aujourd’hui.
Le projet s’étend aussi au Chili et au Kyrgyzstan. Pourquoi?
L’idée est de transposer les modèles dans d’autres régions. A cet égard, le Chili est intéressant car le recul des glaciers va considérablement affecter le régime hydraulique du pays, ce qui l’inquiète beaucoup. A contrario, au Kyrgyzstan, la fonte des glaces représente des grandes opportunités de développement. L’hydroénergie pourrait être vendue aux pays voisins comme l’Iran ou la Russie et aider le pays à se développer. Une façon de monter que le réchauffement n’a pas que des impacts négatifs. Sur Internet: www.acqwa.ch