La fermeture des rues villageoises au trafic de transit a déjà fait couler beaucoup de salive à Troinex et dans les communes voisines. Mais ce n’est pas fini: en septembre, on fera le bilan de ce plan de circulation à l’essai. Et à la fin d’octobre, ce provisoire devra être remplacé par des solutions durables.
La semaine dernière, le Conseil municipal a donc débattu de l’avenir. Et il va faire étudier, entre autres, la pose de barrières amovibles, que seuls les détenteurs d’une télécommande pourraient faire baisser.
L’œuf de Colomb?
Cette solution, déjà appliquée en certains lieux de la Ville, serait-il l’œuf de Colomb? Permettrait-elle de laisser circuler les Troinésiens à travers le village tout en continuant à renvoyer le trafic de transit sur les routes cantonales extérieures?
Ce n’est, hélas pour les Troinésiens, pas si simple. Les explications de Stéphane Grodecki, le juriste consulté par la commune: «Tout d’abord, la commune ne pourra pas décider seule, car si elle est compétente pour les constructions, le canton l’est pour les mesures de trafic.»
«Mais la question la plus délicate, poursuit Me Grodecki, est celle des ayants droit. En effet, il ne serait pas légal de donner une télécommande à tous les habitants de Troinex, à l’exclusion des autres. Le principe d’égalité de traitement serait ainsi violé. Seuls les riverains les plus proches (à définir) pourraient l’obtenir.»
Ces réserves ont amené le conseiller libéral Olivier Bahon à s’opposer de manière décidée à cette solution: «Déjà, la fermeture satisfait certains habitants, pas les autres. Un système à télécommande risque de rendre les contents plus contents et les autres encore plus mécontents.»
C’est néanmoins à une large majorité que le Conseil municipal a décidé de poursuivre l’étude des telles barrières, qui représenteraient une première dans la campagne genevoise.