Les Genevois veulent le CEVA, ils l’ont dit par 61% de oui le 29 novembre 2009. Il semble que le Conseil d’Etat les ait entendus. Les travaux ont en effet commencé en toute discrétion. Du côté de la gare des Eaux-Vives, des ouvriers arrachent en effet les voies du chemin de fer qui relie la France voisine à Genève.
Pourquoi commencer le chantier du siècle aux Eaux-Vives? Les 56 recours qui restent pendants devant le Tribunal administratif fédéral (TAF) concernent, dans leur grande majorité, une autre partie du tracé du futur train Cornavin-Eaux-Vives-Annemasse: le tunnel dans la colline de Champel et la traversée de Chêne-Bourg. Sans obstacle juridique majeur, les autorités genevoises avaient la voie libre pour donner suite au vote populaire de novembre dernier.
«Conforté par le oui du peuple, Mark Muller, chef du Département des constructions et des technologies de l’information (DCTI), négocie en ce moment avec les opposants. Un accord éviterait à l’Etat de devoir attendre la décision du tribunal et permettrait de lancer les travaux en 2010», écrivait la Tribune dans la foulée de la votation. Sans accord formel sur les parties contestées, le gouvernement a donc choisi de faire avancer le dossier sur le terrain pratique plutôt que juridique.
Autre argument pour lancer le chantier à la gare des Eaux-Vives: l’état de délabrement des lieux, appartenant à l’Etat mais exploités par la SNCF.
Une nuit de décembre dernier, le bâtiment avait été vandalisé. Quatre malfrats avaient notamment «caillassé» les vitres, y compris celles du bureau de change, et incendié le matelas du sans-abri qui, à l’époque, dormait dans la salle d’attente donnant sur les voies. Un sinistre qui avait nécessité l’intervention de plusieurs véhicules du Service d’incendie et de secours (SIS) et qui avait entièrement détruit la pièce en question.
Suite à cet incident, plusieurs parties de la gare sont désormais fermées au public. La salle d’attente, aujourd’hui hors d’usage, ainsi que les locaux des Douanes suisses et françaises ont effectivement été bouclés. La SNCF, qui exploite le bâtiment, a également décidé de fermer son propre guichet de vente de billets: plusieurs affiches expliquent en effet aux passagers que depuis les actes de vandalisme survenus en décembre, la société a décidé de clore temporairement ses bureaux.
Prochaine étape: le plateau de Champel, dit une source qui ne veut pas apparaître. Sans attendre les décisions des juges.