A l’heure actuelle, seuls les déchets ménagers empruntent la ligne ferroviaire qui serpente au pied du Jura français, en direction de l’usine d’incinération de Bellegarde. Pourtant, autrefois, les passagers pouvaient relier en train Bellegarde à Divonne et même rejoindre Crassier puis Nyon.
Mise en service en 1899, la ligne dite du piémont du Jura a été abandonnée dans les années 60 au profit d’une liaison par autocar. Lors du dernier conseil communautaire, à la fin d’octobre, les maires du Pays de Gex ont décidé à l’unanimité de soutenir un projet de réhabilitation de la ligne.
Selon le rapport émanant de la Communauté de communes (CCPG), «elle représente une opportunité de boucler le réseau ferré de l’agglomération sur l’ensemble du bassin lémanique en prolongeant sur une courte distance cette ligne vers la ligne Lausanne-Genève». Et Etienne Blanc d’insister: «La gare de Bellegarde est la dernière gare française TGV avant la Suisse, il serait intelligent d’amener la population de Gex mais aussi de Genève et de Vaud en train jusqu’à cette halte ferroviaire», indique le député maire de Divonne, particulièrement soucieux d’inscrire ce projet dans un contexte franco-suisse.
François Meylan, vice-président de la CCPG, en charge des transports, souligne lui aussi les liaisons possibles avec Genève. Ce dernier a eu l’occasion d’étudier de près le «tram train» de Mulhouse, cofinancé par la Région et le Département, afin d’y piocher quelques idées, notamment sur «une éventuelle connexion avec le réseau des tramways genevois».
En faisant de ce dossier une priorité non seulement pour le Pays de Gex, mais aussi pour l’ensemble de l’agglomération franco-valdo-genevoise, les élus de France voisine espèrent bien partager la facture.
En commençant par le coût de l’étude de faisabilité et d’opportunité, estimé à 50?000?euros. Pour ce faire, Etienne Blanc lorgne déjà une petite partie du fonds franco-genevois actuellement en discussion avec Genève. «Le principe est celui d’un fonds de 240 millions d’euros répartis sur dix?ans», précise le président de l’Arc (qui regroupe les communes françaises entourant Genève) au premier rang des négociations avec le Canton. Reste donc à conclure le fameux accord.
Côté français, une rencontre est aussi prévue entre Etienne Blanc et les responsables SNCF et RFF du secteur. Rencontre confirmée par la SNCF qui ne souhaite pas s’exprimer plus avant sur le dossier. Même si de son côté, le député assure que Josiane Beaud, directrice régionale de la SNCF, a montré un vif intérêt pour ce projet qu’«elle considère comme étant une réponse appropriée aux questions de transports dans le Grand Genève».