Le moins que l’on puisse dire, c’est que la réhabilitation de la ligne TGV du Haut-Bugey ne se sera pas faite sans peine. Grâce à un tracé plus court de 47?km, évitant le détour par Culoz et Ambérieu, elle permettra de relier Genève à Paris en 3?heures.
Débutés en 2007, les travaux que finance la Confédération à hauteur de 35,5% ont six mois de retard. Pour atteindre Paris à grande vitesse, il faudra patienter jusqu’à la mi-2010. «Au démarrage, on a pris du retard en raison des conditions imposées par la loi sur l’eau», rappelle Jean-Damien Bierre, chef du projet pour Réseau ferré de France (RFF).
Une fois les questions administratives réglées, la météo s’en est mêlée. «On a connu des étés pluvieux et un hiver très rude. Entre la fin novembre et début mars, le sol était gelé sur 80 centimètres d’épaisseur.»
Le site de Bellegarde, où un pôle d’échange verra le jour, a quant à lui réservé son lot de mauvaises surprises. Notamment une forte pollution. «Malgré nos demandes auprès de la SNCF, on a retrouvé des polluants, de type hydrocarbures et résidus de houille, enterrés au moment de la démolition de l’ancienne rotonde», souligne Jean-Damien Bierre.
Mais ce n’est pas tout: le terrain était gorgé de fioul. «Lors d’une opération de remplissage d’une locomotive, 5000?litres s’étaient déversés sur le site.» Résultat: le liquide s’est insinué dans la terre et dans les tuyaux servant normalement au drainage de l’eau. «Il a fallu faire deux expertises.
On a travaillé à la petite cuillère, au lieu des godets de terrassement habituels et la terre a été envoyée à Lyon pour être incinérée.» Un médecin a même suivi les ouvriers durant cette étape délicate.
Une opération de longue haleine, qui a pénalisé la construction du viaduc de raccordement sur la voie existante mais aussi de la future gare de Bellegarde. Et qui représente un surcoût très important.
«On présentera la note à la SNCF. C’est l’exploitant. Pour moi, il est clair que le principe du pollueur payeur doit s’appliquer», assure le chef de projet RFF.
En attendant l’heure des règlements de comptes, les travaux avancent. Le pôle d’échange sort peu à peu de terre. «De forme ronde, on l’a conçu comme une articulation entre les anciennes voies filant sur Lyon et le nouveau viaduc partant sur Genève», décrit Bruno Deck, architecte chef de projet pour le site.
Pour ce chantier en particulier, il a fallu résoudre deux soucis principaux. Le premier consistant à gérer les flux venant de toutes parts. Quant au second: «Le terrain était tout en pente. Nous avons extrait 40?000?m³ de déblais. Et ce dans du calcaire extrêmement dur. A tel point qu’on a procédé à des opérations de minage», conclut-il.