Genève

Test de la dernière chance pour cinq arbres

Par Laurence Naef le 12.07.2011 à 07:58

L’alignement de micocouliers de la rue de la Croix-Rouge a du plomb dans l’aile.

Ils étaient dix-huit. Cinq ont été abattus en juin 2009. Deux, voire cinq autres vont subir le même sort. Meurtris, les micocouliers centenaires de la rue de la Croix-Rouge disparaissent les uns après les autres. A terme, tout l’alignement devra être remplacé.

Deux d’entre eux, juste derrière le mur des Réformateurs, sont très atteints. La couronne qui se déplume et les champignons qui émergent du collet sont des signes extérieurs évidents. Le Service des espaces verts (SEVE) a mandaté une société spécialisée pour réaliser une tomographie. Il s’agit d’une analyse par résonance de l’intérieur de l’arbre. Une dizaine de sondes, reliées à un ordinateur, enregistrent les ondes de choc qui se propagent à travers le tronc. L’image traitée permet de visualiser les zones altérées. Sur les deux arbres, celles-ci sont importantes. Sur trois autres micocouliers, où apparaissent des descentes de cime mais pas encore de champignons (ce qui n’exclut pas leur présence à l’intérieur), des altérations sont visibles, mais moins importantes.

«Ces arbres ont été plantés en 1919. A l’époque, il y avait une seconde rangée qui a été enlevée, vraisemblablement après la guerre, pour élargir la chaussée, explique Caroline Paquet, dendrologue au SEVE. L’analyse du système racinaire des survivants montre que les racines ont été sévèrement coupées lors de ces travaux et que celles-ci se sont enroulées en chignon. Il n’est pas exclu que cela joue un rôle dans la dégradation de la santé de ces arbres. Malheureusement, aucune mesure ne peut inverser la tendance. Le danger est réel de les voir tomber.»

L’avenir de ces cinq arbres sera décidé d’ici à un mois. Suivra la procédure d’autorisation habituelle. La chute d’une grosse branche de marronnier à la Treille le week-end dernier démontre une fois de plus que le danger existe, même en l’absence de signes extérieurs. «Quand il y en a, les investigations se justifient d’autant plus», juge Caroline Paquet.