Des champs soraliens à votre frigidaire pâquisard, en une journée et à vélo. C’est ainsi que la jeune société Espace-terroir.ch décline le concept de développement durable. Fini les intermédiaires qui se sucrent entre producteurs et consommateurs, les tomates d’Espagne sans goût, transportées en camion à travers toute l’Europe: place aux produits du terroir genevois livrés à raison de trois fois par semaine aux habitants et entreprises du canton. Le tout se commande par Internet, avant d’être assemblé en cabas (fruits et légumes) dont le contenu varie suivant les saisons ou en paniers gourmands (miels, sirops, vins, etc.). Six cabas pour un couple coûtent ainsi 149?francs.
Quelque 150 ménages ont déjà choisi cette voie. Et tout porte à croire que ce nombre est appelé à croître. Car, quelques mois après la création de leur société, Espace-terroir.ch, Guillaume Lambert et Olivier Amrein, tous deux trentenaires, se sont associés en septembre à un partenaire de choix: l’Union maraîchère genevoise (UMG), qui regroupe la grande majorité des producteurs du canton. De quoi doper les ventes et démontrer, au besoin, que l’idée répond à une demande. Tant du côté de la production, qui supprime l’intermédiaire, que du consommateur, assuré de l’origine de son aliment.
«J’ai d’abord constaté un intérêt croissant pour la vente directe et les produits du terroir local. Même les grandes surfaces en font un argument de vente. Ensuite, le commerce en ligne est en plein essor. Notre société rassemble ces deux tendances lourdes», explique Guillaume Lambert. Lequel ne peut que se réjouir du partenariat conclu avec l’UMG, l’approvisionnement en fruits et légumes étant désormais garanti. Une «puissance de feu», qui permettra d’atteindre facilement 1000 ménages par semaine, selon Bernard Blondin, maraîcher de Charrot.
Forte demande
Porte-parole de l’UMG, Aurélien Piccaud se dit enchanté de l’initiative. «Nous adhérons totalement à la philosophie d’Espace-terroir.ch. Vu la forte demande, nous comptions d’ailleurs lancer notre propre société. Il était dès lors logique de préférer l’original à la copie, le premier ayant une longueur d’avance sur nous, notamment sur le plan informatique.» Le concept draine en outre de nouveaux clients et engendre une nouvelle source de revenu.
Pour Bernard Blondin, faire découvrir les produits locaux, souvent méconnus, constitue un autre avantage de la démarche. «On lutte aussi contre le gaspillage, car les grands distributeurs exigent des produits standardisés. Ils ne veulent pas, par exemple, d’une trop grosse tomate», précise-t-il.
Signalons encore que 0,7% du chiffre d’affaires est redistribué pour des projets agricoles dans divers pays en développement.