Les autorités suisses ont bloqué des comptes bancaires à Genève dans le cadre d’une enquête internationale sur une affaire de corruption au Kenya portant sur plusieurs centaines de millions d’euros, selon le quotidien suisse Neue Zurcher Zeitung (NZZ) de mardi.
L’affaire, connue au Kenya comme le scandale Anglo Leasing, porte sur des contrats d’achats par l’Etat kenyan, notamment d’armes et d’hélicoptères pour la police, portant sur un montant total d’environ un milliard de francs suisses (655 millions d’euros), selon le quotidien zurichois.
Environ la moitié de cette somme a été détournée vers un réseau de sociétés écrans offshore tandis que quelque 170 millions de francs suisses (111 millions d’euros) ont atterri sur des comptes bancaires à Genève, dont les banques Schroder, HSBC Private Bank et UBS, selon la NZZ.
Selon le journal, le Kenya a sollicité l’aide judiciaire du FBI américain, d’Interpol et de la Suisse, qui a bloqué des comptes à Genève et saisi des documents dans le cadre de l’enquête pour blanchiment d’argent. Il n’a pas été possible de joindre mardi les services du Procureur général fédéral pour solliciter une réaction à ces informations.
Selon l’enquête de la NZZ un réseau de sociétés comptables et de services financiers de Genève seraient impliquées, avec des connexions avec les Iles Vierges britanniques et l’île anglo-normande de Guernesey.
Dans le cadre du scandale Anglo Leasing, découvert en 1997, plus de 250 millions de dollars de l’Etat kenyan ont été versés à des sociétés fictives pour des contrats de passeports biométriques et le financement de laboratoires de médecine légale. Il s’agit là de seulement l’une des affaires de corruption qui ont éclaboussé le gouvernement kenyan.