«Je n’ai pu «dialoguer» avec ma fille qu’à partir de vendredi. Et au début que par des signes de tête!» Dix jours après l’accident de Savannah (6?ans), grièvement blessée par un tram, le 28 août dernier (la «Tribune» des 30, 31 août et 1er septembre), Steve se réjouit que sa fillette ait enfin pu quitter les soins intensifs. Il a toutefois beaucoup de peine à se remettre du terrible choc dont a été victime son enfant: «Ses poumons ne fonctionnant pas bien, elle a d’abord dû être intubée sous respirateur, pendant cinq?jours; elle a aussi été maintenue dans un sommeil artificiel, sous antidouleur, pour ne pas trop souffrir.» Tout cela relève à présent du passé mais Savannah est encore «très fragile». «Un grand travail psychologique reste à faire.»
«En de bonnes mains»
Tout s’est déroulé si vite ce samedi 28 août peu avant 21?heures, à la place de Cornavin. La petite fille n’est heureusement pas passée sous le véhicule, selon les témoins. «La fillette sortait de la gare, tenant la main d’une adulte, selon les informations transmises par la police. Elles allaient prendre le tram. En voyant le convoi démarrer, l’enfant s’est précipitée, est tombée et s’est retrouvée coincée entre le trottoir et la rame.»
Les circonstances exactes restent à déterminer; la boîte noire du véhicule devra être analysée afin de connaître des éléments déterminants pour l’enquête en cours, comme la vitesse ou le freinage.
«Il n’y a pas grand-chose à dire. C’est un triste accident à mettre sur le dos de l’innocence et l’inconscience des petits», commente le papa de la jeune blessée, qui n’était pas présent au moment des faits. Ce qui compte à présent pour Steve, c’est la guérison: «Savannah est en de bonnes mains. Mais vivement qu’elle puisse commencer l’école, retrouver la famille et ses activités.»
Transportée aux Urgences, la fillette, qui avait fêté son anniversaire la veille, a été immédiatement prise en charge par le staff médical. L’espoir a suivi la folle angoisse initiale. «Le premier jour, les docteurs me parlaient de fracture du bassin et de vertèbres. A présent, je ne sais pas si on peut parler de miracle, mais après toutes les prières de nos amis chrétiens et musulmans, ma fille n’a absolument rien de cassé, elle souffre d’une entorse à la nuque, d’une grosse brûlure au 2e?degré à la fesse et d’une profonde coupure au niveau de l’os pelvien jusqu’à l’entrejambe.»
Les TPG lui ont offert une peluche
Sensibles au sort de Savannah, les TPG lui ont envoyé une peluche. «Quand elle ira mieux, nous lui offrirons un cadeau de plus grande envergure. Dans chaque cas d’accident, nous prenons des nouvelles des blessés, leur adressons des bons vœux de rétablissement et une petite attention, comme des fleurs ou du chocolat», informe Philippe Anhorn, responsable de la communication des TPG. Il ajoute que la régie autonome se préoccupe aussi de la façon dont les collaborateurs concernés tiennent le coup. Après l’accident de Cornavin, le wattman a été «très choqué». Un soutien psychologique lui a été proposé.
Depuis le début de l’année, 11 accidents de tram impliquant un piéton (avec blessés) ont eu lieu à Genève. Sept autres accidents ont été recensés avec des cyclistes, dont un mortel au rond-point de Plainpalais, le 26 mai.