Divine surprise! On pensait le Stade de Genève confiné dans son rôle de gouffre financier, et voilà que son compte d’exploitation sur deux ans (2009 et 2010) est à l’équilibre. Une information donnée hier par le conseiller d’Etat Mark Muller aux députés et qui a privé ces derniers d’une belle empoignade.
Le Grand Conseil s’était en effet mis en ordre de bataille pour se déchirer sur une demande de subvention qui avait été sollicitée par le Conseil d’Etat. Au départ, en février?2009, la barre avait été fixée très haut: près de neuf millions de francs sur quatre ans (2009 à 2012).
Du référendum dans l’air
Passé à la moulinette de deux commissions (contrôle de gestion et finances), le projet qui allait être débattu ne concernait plus que l’année 2010; et portait sur une somme de 692?833?francs. Il faut souligner qu’il y avait du référendum dans l’air et que les députés exigent que la fondation dépose un concept d’exploitation plus novateur.
Mais ce montant est encore trop élevé pour les socialistes et l’UDC. Les premiers étaient prêts à aller jusqu’à 500?000?francs. Les seconds préféreraient se débarrasser de l’infrastructure et la vendre à un privé. Quitte à ce que l’Etat perde les 40 millions de francs de dotations auxquelles il a consenti.
Avenir encore incertain
Les deux équipes ont toutefois été renvoyées dans les vestiaires très rapidement et le projet de loi est retourné en commission. «Je vous demande cet ajournement pour deux motifs, a expliqué Mark Muller. Le premier, c’est que la situation financière de la fondation est suffisamment bonne pour qu’elle n’ait pas besoin de cet argent cette année. La seconde, c’est que j’ai reçu ce matin le projet de business plan de la fondation.»
Un peu plus tard, le patron du Département des constructions confiera «qu’il s’agit là d’un répit dans ce feuilleton, mais que la situation sur le long terme reste fragile. Tout dépendra du concept d’exploitation que la fondation nous a transmis.»
Et de rappeler que les difficultés actuelles sont un héritage des erreurs du passé: notamment d’avoir utilisé le droit de superficie qu’a payé Jelmoli pour compléter le budget de construction.
Concept plus ambitieux
Si Benoît Genecand, le président du conseil de la Fondation du Stade, confirme l’équilibre financier, il précise que cela est dû à une excellente année 2009, 2010 restant déficitaire.
Concernant le projet de concept d’exploitation, il en réserve la primeur au Conseil d’Etat. «Mais je peux vous dire qu’il prévoit une utilisation intensive du Stade, conclut-il. Il s’agit d’être bien plus ambitieux qu’aujourd’hui.»