Carlos Lopes jubile. La 2e édition des Rendez-vous mondiaux de Genève aura lieu dans quelques jours avec pour invités d’honneur Shirin Ebadi, Prix Nobel de la paix 2003, et Wole Soyinka, Prix Nobel de littérature 1986. Comme directeur de l’Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (Unitar), c’est lui qui a soufflé l’idée d’organiser deux ou trois fois par an une conférence publique de haut niveau. Objectif: dépoussiérer l’image parfois un peu vieillotte des institutions onusiennes et s’adapter au monde globalisé qui réclame un accès direct à l’information.
Au départ, Carlos Lopes a reçu un soutien de poids. Celui de Ban Ki-moon, qui a été le premier à se prêter au jeu des questions-réponses en public. «Ce qu’aucun secrétaire général n’a fait avant lui», souligne le directeur de l’Unitar.
Cette fois, les Rendez-vous mondiaux de Genève reviennent avec un thème brûlant: les droits de l’homme. Et une question: sont-ils universels? «On veut provoquer le débat», explique Carlos Lopes. Et de poursuivre: «Quand on voit ce qui se passe au Conseil des droits de l’homme, on se rend compte qu’il y a une grande polarisation autour de cette question. Cela a toujours été un sujet de controverse. Mais c’était jusque-là le domaine réservé des activistes des droits de l’homme. Maintenant, les gouvernements s’y intéressent aussi puisqu’ils doivent rendre des comptes lors de l’examen périodique universel (EPU)».
Le soutien de Monaco
Pour lancer le débat et initier le dialogue, l’Unitar a choisi de se tourner vers Shirin Ebadi et Wole Soyinka. «D’habitude, lorsqu’il s’agit d’aborder ces questions, on s’adresse à un spécialiste qui est toujours issu de l’Union européenne. Cette fois, on a voulu bousculer les clichés. Ce sont deux personnalités du Sud qui viennent parler. Deux personnalités connues pour parler ouvertement», explique Carlos Lopes.
La 2e édition des Rendez-vous mondiaux de Genève devrait tenir ces promesses. En tout cas, ceux qui parient sur le succès de cette initiative lancée par la jeune garde onusienne sont de plus en plus nombreux. Le dernier à s’être investi personnellement dans l’aventure est le prince Albert de Monaco. Sa fondation est devenue l’un des plus gros contributeurs, avant le canton. Carlos Lopes est d’autant plus heureux que la Fondation Albert II de Monaco est surtout engagée sur les questions d’environnement. Un thème que l’Unitar souhaite aborder en 2009 lors d’une prochaine édition des Rendez-vous mondiaux de Genève. Reste maintenant à consolider la passerelle que l’on s’efforce de dresser entre la Genève internationale et les Genevois.
Le 10 décembre, les portes de l’ONU s’ouvrent au public (inscription préalable nécessaire). Qu’on se le dise.