Peinture effritée, portes condamnées, murs défraîchis. L’ancienne Ecole de médecine – sise à la rue du même nom – est dans un état de délabrement avancé qui ne date pas d’hier. Etudié depuis les années 90, le projet de rénovation semble enfin se concrétiser. Une demande d’autorisation vient d’être déposée par le Département des constructions et des technologies de l’information (DCTI).
Construit dans les années 1870 et classé près de cent ans plus tard, l’imposant bâtiment abrite la section de physique de l’Université de Genève, dont le groupe de physique appliquée (GAP). Fuites d’eau, installation électrique vétuste: les locaux sont aujourd’hui insalubres, bien qu’ils accueillent de la recherche de pointe et du matériel ultraperfectionné. Par mesure de sécurité et d’hygiène, une partie de l’aile côté Arve a même été condamnée! L’aile nord a, elle, pu être modernisée en 1994 grâce à un financement de la Confédération.
Le projet du DCTI prévoit la démolition des annexes du bâtiment, construites dans les années 30 à 50 et situées du côté de l’actuelle tour de la TSR, afin de gagner de la place. «Elles sont de mauvaise qualité et ne respectant pas l’architecture de l’édifice d’origine», explique un rapport de la Commission des travaux rédigé en 2006. A la place de ces ajouts, les architectes prévoient de construire un nouvel édifice. «Durant les travaux, une partie des laboratoires déménagera à Pinchat et un minimum de bureaux resteront disponibles», explique Pierre Perroud, chef de projet au DCTI. Les étudiants ont en effet besoin de calme pour mener à bien leurs expériences pointues et les travaux du pont Wilsdorf, qui viennent de commencer, n’aident pas.
Le rectorat est de son côté satisfait que les choses avancent enfin. «Nous en sommes très contents, car ce bâtiment est vraiment décrépit, explique Pierre Spierer, vice-recteur. Il pleut à l’intérieur sur des lasers ultrapuissants. A un moment donné, il a même fallu interdire l’accès au trottoir car le crépi se détachait des murs. Cet édifice a vraiment besoin d’être rénové.»
Réfection de la toiture, mesures antifeu, mise en place de fondations supplémentaires et démolition des cloisons intérieures: le bâtiment sera entièrement restauré, des sanitaires à l’installation électrique, des portes aux façades. A la fin du chantier, la section de physique pourra réintégrer le nouvel édifice qui lui permettra d’optimiser l’utilisation de ses différents locaux sis au quai Ernest-Ansermet.
Travaux à la mi-2011
Ces énormes travaux devraient coûter environ 16 millions de francs. A cet effet, une demande de crédit d’investissement sera déposée au Grand Conseil d’ici à juin 2010. Le chantier ne devrait donc pas démarrer avant Pâques 2011, le temps de finaliser les études de cet important dossier.
Une demande d’autorisation pour des travaux préparatoires à Uni Bastions, qui attend aussi sa modernisation, a également été déposée récemment par le DCTI. Ces aménagements permettront la mise en place de rocades entre les salles afin d’entamer la grande rénovation de l’édifice. Le département dévoilera les détails de ce gigantesque chantier dans le courant du mois de février.