Grosse fatigue. Le sentier historique d’Orjobet, le plus fréquenté du Salève, ne tient pas la forme. Une partie de la voûte de la grotte et sa passerelle d’accès risquent de s’effondrer. D’importants travaux de sécurisation et de restauration commencent dimanche.
«Des blocs menacent de tomber à l’entrée, à la sortie et à l’intérieur de la grotte, explique Eric Dürr, chargé de mission au Syndicat mixte du Salève. Nous allons procéder à une purge pour sécuriser la grotte.» Des filets seront installés durant le chantier pour éviter que des rochers ne prennent la tangente à cette altitude de 1150?mètres.
Quant à la passerelle d’accès longue de 4?mètres, «elle commence à être en mauvais état». Certaines planches de bois sont ajourées et la structure métallique s’affaiblit. Elle sera démontée pour être restaurée et rallongée de 1,20?m.
Un état des lieux pas très rassurant… Ce passage n’est pourtant pas dangereux, affirme Eric Dürr. «Il n’y a pas de danger imminent sur la passerelle. Les experts ne nous ont pas dit qu’il était urgent de la refaire en raison d’un risque d’écroulement.» Le guide de haute montagne mandaté pour les travaux a en tout cas voulu profiter de l’occasion pour procéder à une purge de blocs de pierres. Là aussi, pas de menace imminente, poursuit Eric Dürr. Mais le risque zéro n’existe pas en montagne.
C’est la première fois que ce passage bénéficie d’une telle cure de jouvence, depuis son aménagement par le Club alpin suisse en 1905. Le Syndicat mixte du Salève, chargé de son entretien depuis 2005, a obtenu quelque 36?000?francs pour effectuer ces travaux. Les habitués de l’itinéraire, dont le nombre a été estimé il y a quelques années à 250 par semaine en haute saison, devront emprunter provisoirement une déviation au départ du sentier.
Il faudra patienter six semaines avant de redécouvrir la grotte nichée dans les falaises, visitée en 1779 par le savant genevois Horace-Bénédict de Saussure et son guide François Orjobet, qui lui a donné son nom.