quartier

La rue de Berne

Par Marc Guéniat le 07.03.2009 à 00:00

L'artère, véritable épine dorsale de tout un quartier

Quelle rue, mieux que la rue de Berne, caractérise le quartier des Pâquis, dans tout ce qu’il recèle de grand et de décadent? Aucune, et cela ne fait aucun doute. Cette rue est au quartier ce que l’échantillon est au sondage: représentative, presque cliché. Immédiatement, la rue de Berne évoque la prostitution, les hôtels, luxueux ou miteux, la gastronomie exotique, la vie nocturne, le tourisme et bien d’autres choses encore. Il faut bien le dire, tout cela on le trouve dans cette artère, véritable épine dorsale de tout un quartier. Pourtant, la rue est loin d’être homogène. Urbanistiquement, elle se scinde en trois. Tout comme son atmosphère, qui varie fortement d’une partie à l’autre.

Roman social
La première va de la rue de Chantepoulet à la rue des Alpes. Dédié aux petits commerces, transpercé par la rue du Mont-Blanc, ce tronçon ne présente qu’un intérêt limité pour le chaland. L’architecture de l’imposante bâtisse du poste de police, qui semble à tout prix vouloir s’extraire des Pâquis, jure méchamment avec ses voisines. D’ailleurs, géographiquement, on se trouve à Saint-Gervais de ce côté-ci, confie le vendeur de voitures miniatures. La seconde partie de cette rue, en revanche, pourrait facilement servir de décor à une nouvelle forme de roman
social. Il y a là le 12, rue des Alpes, cette adresse calamiteuse qui lorgne sur la rue de Berne. Fin août, la presse révélait la terreur exercée par une bande de délinquants sans feux ni lieux sur la poignée de locataires restants. L’immeuble semble aujourd’hui désert, définitivement promis à un lifting en profondeur, mais son allure n’a pas changé; fenêtres barricadées ou brisées, traces d’incendies et stores déchiquetés en sont toujours les caractéristiques. Peu après, l’hôtel Barillon, qui n’a sans doute rien à voir avec le célèbre avocat, abrite un peu le restant de la colère de Dieu, des bénéficiaires de l’Hospice général et quelques touristes égarés. Il s’agit probablement de la seule parmi toutes les enseignes de la rue qui ne soit pas lumineuse et colorée, comme celle des cabarets, kebabs et autres kiosques ouverts tard le soir.

«L’endroit s’est calmé»
Car c’est effectivement la nuit que le pouls du quartier peut véritablement être palpé, lorsque sortent les prostituées, que la queue se forme devant le Palais Mascotte et que l’atmosphère s’électrise. Un peu, car cela reste Genève. C’est ce quartier-là qui intéresse le magazine Geo, qui a confié un grand reportage à l’agence Rezo. Le photographe Fred Merz estime d’ailleurs que l’endroit «s’est calmé depuis l’été dernier».
Dès la rue de Zurich, c’est la léthargie. Un temple, une école, de bons restaurants italiens et de petites arcades, comme celle de Claude Armand, passionné de baby-foot et de billard, selon qui «tout le monde se connaît ici, c’est un peu la place du village, une microsociété».

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