Alors que les restaurants genevois ont banni la fumée depuis une semaine, un établissement des Charmilles résistait à la loi en se faisant passer pour un cercle nommé Association Transmontana. Il a été remis à l’ordre par la police hier.
Vendredi matin, 11?heures, une bonne vingtaine de personnes fument allègrement dans ce restaurant qui s’appelait encore il y a peu Le Rendez-Vous. Seule spécificité, la serveuse demande la carte de membre aux clients avant de les servir. Ceux qui n’en ont pas n’auront qu’à remplir un formulaire pour la recevoir immédiatement et ainsi continuer à consommer et à tirer sur leur cigarette en paix.
Esteves Pinto Jorge, le «président de l’association», s’explique: «Nous sommes un cercle privé et nous pouvons donc fumer. Nous avons déposé notre dossier auprès du Registre du commerce. ça fait bientôt deux ans que j’ai commencé à faire ces démarches. Bien avant l’interdiction de fumer. Je veux former une équipe de foot.»
Le Service du commerce, déjà informé de ce cas, ne semble pas partager cet avis: «Il s’agit simplement d’une manœuvre pour continuer à fumer, mais nous sommes très vigilants. Cet établissement redevient immédiatement un établissement public», précisait Jacques Folly, directeur du Service du commerce, hier après-midi.
Il n’est donc plus possible de fumer à l’Association Transmontana et il se pourrait bien que l’air y reste pur encore longtemps, les critères pour devenir un cercle ne semblant pas s’appliquer à ce restaurant. En effet, selon ces règles, l’admission de nouveaux membres ne peut être décidée à l’entrée de l’établissement, le cercle ne doit pas pouvoir être assimilé ou confondu avec un restaurant, aucune enseigne ne doit être visible et l’association ne doit pas avoir de but lucratif. A ce jour, il semble que cet exemple soit unique dans le canton. Aucune autre demande de création de cercle n’a été déposée au Service du commerce depuis l’entrée en vigueur de la loi.
Le dossier de l’établissement incriminé est désormais entre les mains de la Direction générale de la santé, qui devra décider d’une éventuelle amende pour infraction à la loi sur l’interdiction de fumer.
«Nous allons appliquer la loi, mais la mise en place prend du temps. Nous avons affiché l’interdiction de fumer dans nos locaux et nous comptons sur l’autoresponsabilisation de notre public.» La Direction générale de la santé aurait déjà rappelé ses devoirs à l’association en lui proposant de l’aider pour la mise en application. «Nous n’allons pas non plus accompagner les gens éternellement. Si la loi n’est pas respectée, nous sanctionnerons», précise la directrice générale, Anne-Geneviève Bütikofer. (cz)