Dans une interview accordée jeudi au «Temps», le président de la Société des hôteliers de Genève Paul Muller dénonce l'apathie des autorités genevoises face à l'insécurité. «Il n'y a ni réaction ferme de leur part, ni mesures prises», regrette-t-il.
A ses yeux, l'agression présumée d'un touriste saoudien, qui défraye la chronique à Genève, met en lumière une situation qui ne date pas d'aujourd'hui. «On note une dégradation du climat, avec une augmentation sensible des vols à l'astuce, mais aussi des agressions physiques». Les clients des hôtels s'en plaignent.
Réaction souhaitée
Pour M. Muller, les autorités genevoises devraient prendre le taureau par les cornes. Le canton a les moyens d'agir et aurait même intérêt à le faire, vu le nombre d'organisations internationales et multinationales présentes sur son territoire, souligne le représentant des hôteliers.
M. Muller demande notamment «à la personne responsable de la sécurité», à savoir le conseiller d'Etat Laurent Moutinot, d'affirmer qu'il a pris conscience de la dégradation du climat et de rassurer les hôteliers en leur expliquant comment la situation va être améliorée.
Le président de la Société des hôteliers de Genève promet un avenir sombre si rien ne change. «Si l'on continue à laisser aller les choses, non seulement les touristes ne viendront plus, mais en plus, les organisations internationales iront s'installer ailleurs».
Mutisme de la justice
De son côté, la juge d'instruction genevoise Brigitte Monti mène son enquête sur l'agression présumée d'un vacancier saoudien loin de l'agitation médiatique. La magistrate ne veut pour l'instant faire aucune déclaration. Le touriste a été retrouvé grièvement blessé à la tête le 16 juillet à la rue du Rhône à Genève.
L'avocat de la famille de la victime, Simon Ntah, a déposé une plainte pour lésions corporelles graves. «En regard des éléments à ma disposition, ce monsieur de 38 ans n'est pas tombé tout seul dans la rue», affirme l'avocat. Le vacancier saoudien a été opéré à la tête et se trouve actuellement à la clinique de Genolier (VD).
Deux procédure distinctes ont été ouvertes. L'une concerne l'agression à proprement parler, l'autre porte sur le vol de la carte de crédit de la victime la nuit des faits, explique Me Ntah. L'avocat n'a pour l'instant pas accès à ce second volet du dossier. Les choses changeront si la police arrête un ou des suspects.