C’est reparti pour les randonnées par la voie royale du Salève. En présence d’Yvette Vaucher, figure bien connue de l’alpinisme genevois, qui avait effectué la première ascension de la face nord du Cervin en juillet 1965, le sentier d’Orjobet a rouvert samedi. Six semaines de travaux ont été nécessaires pour sécuriser l’intérieur et les abords de la grotte qui en fait son charme.
Il aura fallu confier le chantier à des professionnels pour opérer à une altitude de 1150?mètres, en purgeant 70?tonnes de roche et en remplaçant la passerelle. Celle-ci a notamment été rallongée, ses planches de bois changées, ses fondations en pierre reformées. «La matière utilisée, excepté le métal, a été prise sur place et les anciens matériaux ont été réemployés», indique Laurent Hernicot, directeur du lycée privé Maurice-Tièche, de Collonges-sous-Salève, dont les élèves de la section montagne ont épaulé les experts.
Coût du chantier : 36?000?francs, financés par le Syndicat mixte du Salève (composé de 27 communes françaises), le conseil général de Haute-Savoie, la commune de Collonges, sans oublier celles de Bardonnex, Troinex et Veyrier.
D’autres soins seront apportés l’année prochaine. «La seconde étape concernera la sécurisation intérieure de la grotte, avec le renouvellement des marches, des barrières et des câbles, qui ont subi l’usure du temps», détaille Pierre Cusin, président du syndicat.
Ces travaux n’ont rien d’anodin. C’est la première fois que le passage bénéficie d’une telle cure de jouvence depuis son aménagement par le Club alpin suisse en 1905. La voie spectaculaire est fréquentée par plus de 250 randonneurs chaque semaine en haute saison. Et puis, le sentier d’Orjobet, du nom du paysan qui l’a fait découvrir, en 1779 au savant genevois Horace-Bénédict de Saussure, est bien plus qu’un chemin de moyenne montagne. Il s’inscrit dans l’histoire de la conquête des sommets alpins et fait partie du patrimoine franco-suisse.