C’est fait! Le parlement a suivi hier soir pleinement sa Commission judiciaire et de la police. Par 84 oui (et trois abstentions d’élus policiers), le Grand Conseil a accepté la révision de la loi sur la police qui lui était proposée. Une unanimité rare sur un sujet aussi sensible.
Présenté par Laurent Moutinot en septembre dernier, le projet initial était certes plus ambitieux. En plus des éléments sur les conditions de travail réglés hier soir, il s’attaquait en effet à une réorganisation des forces de l’ordre.
«Très vite la Commission de la police s’est aperçue que ce volet du projet n’était pas prêt», a expliqué le libéral Olivier Jornot, rapporteur de la commission. Selon lui, il y manquait une véritable vision. De plus, les policiers et leur hiérarchie n’avaient pas été consultés.
Ce sera donc à Isabel Rochat, la nouvelle cheffe du Département de la sécurité et de la police, de préparer une réforme organisationnelle. «A moi de vous présenter un projet qui permette de défendre la première de nos libertés, la sécurité», a répondu la libérale. Et de promettre un projet de loi pour la fin de cette année.
Il serait cependant faux de considérer que ce qui a été accepté hier soir est dérisoire. De fait, cette loi devrait enfin apaiser les relations entre la police et le politique.
Retraite possible à 58?ans
Grâce notamment à un calcul des heures supplémentaires plus réaliste et du retour à la normale de l’horaire (40?heures). Les indemnités et les débours seront aussi simplifiés, plus transparents, et les fonctionnaires de police mieux payés en début de carrière.
Enfin, les forces de l’ordre prendront leur retraite au plus tôt à 58?ans, comme l’exige le droit fédéral. En revanche, un pont-retraite doit être négocié pour ceux qui sont aujourd’hui en fonction. Reste à déterminer à partir de quel âge ils y auront droit.