On dit qu’en France tout finit par une chanson. Et au Parti socialiste par un poème? Samedi à Vernier, lors du congrès annuel du PSG, le candidat à la présidence Alberto Velasco a cité la pasionaria de la Commune Louise Michel: «La révolution sera la floraison de la société comme l’amour est celle du cœur.»
Une veine poétique reprise en écho par la députée Loly Bolay, qui a clos son dithyrambe en faveur de Velasco en assenant dans un espagnol sonore un vers du poète cubain José Marti: «La meilleure manière de dire, c’est faire!» Une façon élégante de souligner que le conseiller administratif d’Onex René Longet, candidat à sa propre succession à la tête du parti, n’a pas assez fait pour éviter la débâcle électorale de l’automne…
Torracinta vice-présidente
Mais si la poésie est jolie, elle fait rarement des miracles. Et sur le coup de 16?h?30, c’est bien René Longet que les socialistes ont désigné à leur tête. Il a été confortablement réélu par 154 voix contre 76, le score honnête de son adversaire indiquant toutefois que son bilan n’est pas jugé sans taches.
René Longet l’admet, mais souligne qu’«une équipe a aussi été portée à la tête du parti et qu’elle dispose d’un plan de bataille clair.» Parmi cette équipe figure en première ligne la députée Anne Emery-Torracinta, désormais vice-présidente. Au comité directeur, l’instance suprême du parti, elle retrouvera Véronique Pürro, la candidate malheureuse au Conseil d’Etat. Par ailleurs, le conseiller national Carlo Sommaruga, également candidat, n’a pas été élu.
Et le plan de bataille? Peu avant l’élection de Longet, les militants ont adopté une résolution qui fixe les axes à suivre. Révélée en gros dans nos colonnes («Tribune» du 9 mars), elle indique que le PS privilégiera les thèmes liés au travail en dénonçant les emplois de solidarité qualifiés de «sous-emplois». Il se penchera aussi sur l’assurance maladie, le logement et les retraites. «Le PS doit revenir à ses fondamentaux avec un discours visible», argumente René Longet: «Il ne s’agit pas d’un repli, mais il nous faut des bases avant de poser un toit.»
En termes organisationnels, la priorité du PS semble être aussi de retrouver le lien avec les syndicats, l’Asloca, les associations culturelles et les quartiers populaires. «On ne peut pas venir deux semaines avant une élection demander le soutien d’organisations que l’on n’a pas vues pendant un an», résume Carlo Sommaruga. Et les Verts? «Pour nous, l’écologie sera sociale ou ne sera pas», rétorque René Longet. Manière de dire que les relations entre les deux alliés resteront sportives ces prochains mois.
Consolé par les résultats du PS français, le PSG veut tourner la page de la défaite de l’automne. L’introspection, c’est fini. Mais tout n’est pas réglé. Comme en témoignent par exemple les interventions dans la salle d’un Marc-André Baud ou d’un Albert Anor. Le premier exhortant le PS à apporter des réponses crédibles au vieillissement, à la surconsommation, à la dette, au chômage, le second appelant le PS a ne pas incarner «l’intérêt général», mais bien l’intérêt unique, il n’a pas dit le mot mais le sens y était, de la classe ouvrière.