D’ici quelques semaines, les habitants de Chêne-Bougeries devront choisir s’ils veulent ou non d’un nouveau quartier. Le référendum contre le projet immobilier prévu à l’intersection de la route de Chêne et du chemin de Challendin a en effet abouti. Mais pour les promoteurs du projet, la régie Naef et les architectes Clivaz-Exquis, comme pour le propriétaire de l’une des parcelles, l’argumentaire des opposants contient plusieurs erreurs.
Le projet est de taille pour la commune. Entre 180 et 220 nouveaux logements, plusieurs surfaces d’activités. Le tout sur une zone de quelque 21?000 mètres carrés, située à quelques centaines de mètres de la frontière avec Genève. Préavisé favorablement par le Conseil municipal de Chêne-Bougeries, malgré les réticences en commission, le projet est aujourd’hui attaqué par un référendum.
Un projet jugé trop dense
Pour les opposants, qui sont parvenus à récolter plus de 1000 signatures, le projet est trop dense. Il contient également trop de parkings et de surfaces commerciales. «Alors que la proximité du tram lui sert d’argument écologique, ce projet prévoit 285?places de parking, argumentent les référendaires sur leur site Internet. Utilisées plusieurs fois par jour, c’est plus de 800 mouvements quotidiens supplémentaires sur une route de Chêne déjà saturée.» Les opposants regrettent également «l’abattage de 76 grands arbres, dont presque tous ceux se trouvant le long de la route de Chêne, qui manqueront aux 80?000 personnes passant devant chaque jour».
Pour les promoteurs du projet, plusieurs points de cet argumentaire sont «mensongers». «Il ne va pas y avoir profusion de commerces, explique Christian Exquis, architecte en charge du projet. Il s’agira avant tout de locaux médicaux, de quelques bureaux et services, et éventuellement d’une épicerie ou d’un tea-room. Sur la question de la mobilité, il ne faut pas oublier que le quartier est situé entre deux arrêts de tram. La possibilité de stationner son véhicule privé à proximité de son logement ne doit pas réduire l’incitation à prendre les transports collectifs pour se rendre en ville.»
L’argument de l’abattage d’arbres est également exagéré, selon les promoteurs. «Ce ne sont pas 76 grands arbres, comme l’affirment les opposants, mais 55 arbres et arbustes, qui devront être abattus, poursuit l’architecte. Ce ne sont pas tous de grands arbres: 32 d’entre eux ont un diamètre plus petit ou égal à dix centimètres. Par ailleurs, le projet prévoit une très forte arborisation entre les bâtiments.»
Philippe Debonneville, dont la famille possède l’une des parcelles, précise: «Une bonne part des arbres fruitiers qui arrivent en fin de vie. D’autres, importants à conserver, seront préservés.»
Route de Chêne intacte
Quant aux arbres de la route de Chêne, «ceux situés près de la maison patrimoniale ne seront pas touchés, assure Christian Exquis. Seuls six arbres seront abattus, dont quatre avec un diamètre inférieur à dix centimètres. Le projet prévoit par ailleurs de planter une lignée de grands arbres entre la route et le bâtiment. Ceci permettra de répondre à la volonté de la Commune d’assurer, sur ce tronçon, une continuité verte qui masquera les constructions à l’arrière.»
La question de la trop forte densité du projet est également contestée par ses architectes. «Selon la volonté de la Commune, nous avons déjà réduit la densité et modifié la morphologie du bâtiment qui longera la route de Chêne, détaille Christian Exquis. Ailleurs dans cet écoquartier, nous nous limiterons à des immeubles de quatre étages au lieu de sept.» Et Philippe Debonneville de préciser: «Les immeubles ne seront pas tous construits en même temps. Ils arriveront petit à petit lorsque les parcelles seront toutes vendues, ce qui n’est pas encore le cas. Il faut construire sur cet espace situé à quelques pas de la ville, et vide depuis des années.»
Les habitants trancheront le 27 novembre prochain.