Trois cents millions de personnes dans le monde utilisent Facebook. Un chiffre qui a connu une progression particulièrement forte cette année, avec une hausse de 100 millions entre avril et septembre. En Suisse, notamment, le succès de ce réseau social ne se dément pas. Quant aux usages, ils sont multiples et variés. Comme le prouvent les témoignages qui ont fait suite à notre appel via Facebook, bien entendu.
«J’ai retrouvé des amis de première enfantine et je reste en contact avec certains membres de ma famille vivant loin d’ici, précise Charlotte Peccar, Genevoise de 18?ans. Ainsi, on a régulièrement des nouvelles, notamment grâce aux photos, sans forcément avoir à se téléphoner ou à s’écrire.»
Tel est d’ailleurs l’usage le plus fréquent des réseaux sociaux. Stephane Koch, spécialiste du Web, décrypte leur incroyable succès: «Tout d’abord, il n’y a nul besoin de connaissances spécifiques pour exister sur ces réseaux. De plus, on dispose aujourd’hui d’une bien meilleure connaissance d’Internet qu’auparavant. Enfin, une sorte de pression sociale s’exerce sur les individus. Du type: vos amis sont sur Facebook, vous devez y être!»
Et de souligner que via le profil et les informations données sur ce site «naît la notion d’identité numérique. Une sorte de mélange entre ce qu’on est réellement, la manière dont on aimerait être vu et ce que les autres perçoivent de nous.»
Au-delà de l’usage privé qu’en font nombre d’internautes, beaucoup se servent de ce réseau à des fins professionnelles. Tel Nicolas Ruchonnet, qui a trouvé sur ce site un excellent moyen de promouvoir sa jeune société. Ou encore Vincent Horodate, organisateur d’événements. «L’avantage est que l’on peut toucher beaucoup de personnes. L’une des possibilités est de cibler quelques invités qui ensuite créent le buzz.»
Canal d’information
Ces sites s’avèrent aussi être de formidables canaux de débats publics, d’informations. Les journalistes l’ont bien saisi. Ainsi, Darius Rochebin lance fréquemment des appels sur son mur pour alimenter le TJ, profitant de son incroyable réseau. Cumulant trois profils (le nombre d’amis étant limité à 5000), le présentateur compte plus de 10?000?amis auxquels s’ajoutent 8000 demandes en attente. «On l’a fait pour la rougeole, l’assurance maladie… Cela marche très bien. Les recherchistes de la TSR ont accès à mon mur et peuvent ainsi faire le tri. Pour le reste, je suis le seul à gérer mon profil.» Même s’il met très peu d’éléments véritablement personnels, comme la majorité des facebookers, Darius Rochebin avoue «ne pas faire de distinction entre cet usage professionnel et un usage plus personnel du site. Ainsi, Facebook m’a permis de retrouver toute une partie de ma famille d’origine iranienne qui vit aux Etats-Unis.»
David Sadigh, jeune entrepreneur, spécialiste du marketing sur le Net, utilise lui aussi ces réseaux à titre privé et pro: «Je suis l’exemple parfait de ce qu’il ne faudrait pas faire. Parfois, il m’arrive tout de même de mettre des filtres sur certaines photos vraiment personnelles comme celle d’une soirée ou de mon mariage.»
Un mélange des genres qui peut s’avérer problématique. «On assiste à une confusion des contextes et des sphères, précise Sami Coll, sociologue. Dans la vie réelle, nos relations sont de diverses natures: amicales, amoureuses, familiales, professionnelles, etc. On ne joue pas le même rôle au travail, avec ses amis, etc. Il y a même souvent des tensions et des contradictions entre ces différentes facettes. Or, sur cette plate-forme virtuelle, tout est mélangé.»