Va-t-on en finir avec cette guerre larvée qui empoisonne les questions de transports? L’espoir est permis. Les associations pro et antivoitures (pour utiliser un raccourci) vont tenter de trouver un «compromis historique».
Cet accord portera d’abord sur le stationnement. «Mais nous espérons créer un nouvel état d’esprit qui permettra de sortir du conflit incessant dans lequel nous nous trouvons», résume Jean Rémy Roulet, président du Groupe Transports Economie (GTE), qui rassemble les milieux patronaux et le lobby provoitures comme le TCS et l’ACS.
L’assemblée du GTE a donné un mandat de négociation à son comité. Ce dernier a envoyé une lettre d’ouverture des pourparlers à la Coordination transports, qui a déjà désigné ses délégués. «Nous sommes prêts à discuter», confirme Elisabeth Chatelain, députée socialiste et vice-présidente de l’Association transports et environnement (ATE).
Inspiration zurichoise
Les deux adversaires s’inspirent du compromis historique conclu il y a une quinzaine d’années à Zurich. Un des protagonistes est récemment venu à Genève pour témoigner des avancées qu’il a apportées. «Cet accord a créé un nouvel état d’esprit. Les Zurichois ont pu réaliser leur réseau de RER et le contournement autoroutier», explique Jean Rémy Roulet.
Les controverses sur les transports ne sont plus aussi vives que par le passé. Les trams font l’objet d’un large consensus. Mais des frictions apparaissent constamment au ras du trottoir. «Quand les uns veulent créer des aménagements en faveur de la mobilité douce, les autres se plaignent des incessantes «chicanes» apportées aux voitures et des suppressions de places», résume Elisabeth Chatelain.
Actuellement, l’Etat élabore un plan de stationnement qui doit définir les grands principes en la matière. L’occasion faisant le larron, les associations se disent qu’il est temps de créer un consensus.
Chaque place compensée
A Zurich, il a été prévu que chaque place de parc créée en sous-sol doit être compensée par la suppression d’une autre en surface, et vice versa. Un statu quo en quelque sorte qui autoriserait la création de grands parkings souterrains au profit de la création de vastes zones piétonnes.
C’est vers un accord de la sorte qu’on va s’acheminer. Mais les enjeux sont plus vastes. «Depuis l’échec du parking de la place Neuve, la confiance est rompue, analyse Elisabeth Chatelain. Il nous faut trouver un point d’ancrage pour la retrouver.»
Un enjeu global
Reste que le récent référendum des Verts contre le tunnel routier de Vésenaz n’arrange pas l’ambiance. La droite, comme mesure de représailles, vient de retarder l’approbation des futurs crédits d’investissement pour les lignes de tram.
Chez les politiques, on semble donc plus enclin à sortir les carabines. Ce qui n’est pas de bon augure. Il y a une dizaine d’années, ce sont justement les partis politiques qui ont torpillé l’accord conclu par les associations sur le parking de la place Neuve. On avait ainsi manqué l’occasion de réhabiliter cette place, une opération qui aurait sans doute initié d’autres aménagements en ville.