En Suisse aussi la crise frappe durement le secteur immobilier. Publié jeudi, le dernier sondage national de l’Association des propriétaires fonciers (APF) en témoigne. Presque deux tiers des gérants immobiliers interrogés par cette organisation prévoient des baisses de prix (ventes ou loyers) dans les bureaux et locaux commerciaux en 2010. Un professionnel sur dix s’attend même à un effondrement des tarifs. « Et ces tendances sont en particulier valables pour tous les grands centres urbains du pays. Genève et Lausanne sont aussi concernés », estime Sandra Burlet, économiste à l’APF.
La chute des prix prévue correspond évidemment à celle de la demande. Depuis le début de l’année, 60% des agents immobiliers ont déjà observé une baisse des affaires. Celle-ci se confirmera sur l’ensemble de l’exercice selon 41% d’entre eux. Dans ce contexte, une large majorité des sociétés consultées redoute une diminution du rendement brut des bureaux et locaux commerciaux.
Le marché du logement devrait pourtant connaître une évolution moins décevante. Quelque 60% des gérants ne craignent en effet pas de baisse du rendement brut des immeubles d’habitations. Cette prévision est liée à une demande en appartements et maisons individuelles qui est restée stable en 2009, selon la plupart des sondés.
Les gérants se montrent toutefois divergents sur l’évolution des prix dans le domaine du logement : 56% d’entre eux estiment que les acheteurs de maisons individuelles n’ont pas dû débourser davantage qu’en 2008, tandis que près d’un tiers d’entre ont observé des hausses. Pour l’acquisition d’appartements, 42% des agents interrogés évoquent des tarifs en augmentation et autant de professionnels interrogés parlent de cours stables.
La demande et les prix des terrains bâtir serait demeurée relativement stable et élevée. Cette situation devrait persister à moyen terme. « Globalement des tendances différentes pourront toutefois se développer entre les principaux centres urbains, les villes moyennes et les périphéries », relève Sandra Burlet.