Des romans-photos pour informer les migrants sur les risques liés au sida. C’est l’idée de deux infirmières du Programme santé migrants (PSM) des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). «Les migrants arrivent à Genève avec un faible niveau d’éducation. Les images sont donc plus accessibles», explique l’infirmière Elisabeth Mouton. Sa collègue Denise Wetzel porte la double casquette de membre du PSM et du Groupe sida Genève. Elle a ainsi fait le lien entre le milieu associatif et l’hôpital. «Ce sont des situations réelles un peu romancées. Elles répondent aux questions les plus fréquentes que j’ai relevées lors des entretiens», explique Denise Wetzel. Cette initiative fait partie du projet pilote de «conseil et test volontaire du sida». Lancé en 2006, il est financé par le Groupe sida Genève, l’Association de solidarité des femmes africaines de Genève, Première ligne, Dialogai et les HUG.
Le premier roman, Sous le signe de la passion, traite de la prise de risques liée à l’alcool. Il sera publié et diffusé dans le courant du mois mais les commandes fusent déjà. Il sera disponible dans tous les lieux de vie et les centres de consultation fréquentés par les migrants.
«Dans le premier roman, je joue le rôle de l’assistante du planning familial. Il était parfois délicat de jouer certaines scènes «intimes», alors nous avons choisi des gens proches de nous, explique Denise Wetzel. En plus, les romans-photos français n’avaient que des personnages africains, ce qui ne correspondait pas à la diversité qu’on connaît dans nos centres d’accueil. Nous avons donc rendu cela plus métissé.»
Les trois romans-photos ont été réalisés en deux ans avec la participation de la Haute Ecole de santé et de ses étudiants. Il reste encore à traduire les romans dans les langues principales des migrants avant de diffuser ces images au niveau national.