Ce rendez-vous avec l’Histoire, ils ne voulaient le manquer pour rien au monde. Alors quand le visage de leur futur président apparaît à l’écran, les nombreux Américains de Genève laissent éclater leur joie. Puis, pendant les trente minutes durant lesquelles Barack Obama s’adresse à ses concitoyens et au monde entier, le temps s’arrête. Et les larmes coulent sur le visage de Susan Schneider. «J’ai grandi dans une Amérique ségrégationniste; c’est magnifique de voir que les origines de toute sorte sont aujourd’hui laissées derrière.»
Le sentiment qui emporte tous ces spectateurs, jeunes ou moins jeunes, c’est la conviction, insufflée par leur nouveau leader, que l’union fait la force. «J’ai été vraiment touchée par le passage où il appelait les Américains à s’unir et travailler ensemble, raconte Stéphane Mitchell, chargée de communication des Democrats Abroad en Suisse. Comme il l’a dit, c’est le prix et la fierté d’avoir un passeport américain.»
Car cette fierté, à entendre les New-Yorkaises Kathryn Wheeler et Ryann Hoffman, s’est évaporée durant les années Bush: «Jusqu’à aujourd’hui, lorsqu’on nous demandait d’où l’on venait, on répondait du Canada.» Pour elles, le fait que Barack Obama se soit adressé «non seulement à son peuple, mais à n’importe qui souhaitant vivre dans un monde équitable et en paix» s’est ainsi révélé primordial.
Parmi ce public largement acquis au message du président, il y avait aussi des vrais Genevois. Comme Tiana Auer, une jolie métisse qui compte bien se rendre cette année, dans les Etats-Unis d’Obama. «Je suis hyperheureuse. Ce président parvient à rassembler tout le monde.» A 19?h?30, le discours est diffusé une seconde fois. Et des larmes se remettent à couler.