L’œuf de Pâques, «confiserie ou symbole de renaissance?» Cette année, la nouvelle campagne de pub de l’Eglise catholique romaine (ECR) n’alerte plus le public sur ses difficultés financières récurrentes. Son but: remémorer aux Genevois la signification de la fête de Pâques. Tout en espérant que ces affiches permettront d’attirer de nouveaux donateurs.
Pourquoi se régale-t-on d’œufs en chocolat ou de gigot d’agneau à Pâques? «Ces symboles ont été détournés de leur sens originel par la société de consommation dans laquelle nous vivons, explique Mgr Farine, évêque auxiliaire de l’ECR. Aujourd’hui, nous ne voulons plus faire culpabiliser les gens sur notre situation financière en dramatisant, mais plutôt les interpeller sur la signification de ces rites.»
Alors que la campagne athée de l’Association suisse des libres penseurs a été refusée par les TPG, les affiches chrétiennes questionnant les passants sur ces deux symboles pascals trônent depuis quelques jours sur les bus et les trams genevois. Auteure du message, l’Eglise n’a été mentionnée qu’à partir d’aujourd’hui. Toute la journée d’hier, des «agents pastoraux» ont arpenté la place Neuve afin de distribuer des œufs aux passants et de les interpeller sur la problématique.
Mais en marge de ce volet spirituel, l’Eglise souhaiterait évidemment dénicher de nouveaux donateurs. «Notre situation financière est mauvaise», explique Dominique Pittet, secrétaire général. «Il faut savoir que dans le canton, 100?000 familles catholiques ne donnent rien. Si chacune donnait 10?francs par mois pendant un an, nous nous en sortirions.» En 2008, les charges de l’institution ont effectivement augmenté de 9%, alors que ses recettes ont diminué du même pourcentage. Le budget de fonctionnement pour 2009 est déficitaire de plus d’un million.
L’an passé, l’ECR avait mené une campagne publicitaire similaire, concernant Noël. L’actuelle a coûté 1% de son budget annuel.