L’homme a sévi durant près de quinze ans. Il a reconnu avoir commis une soixantaine d’actes à caractère sexuel. A chaque fois, sur des fillettes âgées de 6 à 11?ans. Les faits se sont déroulés à Meyrin, Versoix et au Lignon, mais aussi dans le Pays de Gex. Le pervers dort en prison depuis le mois de janvier. Mais ce n’est qu’aujourd’hui que la police révèle cette incroyable affaire.
Comment cet individu procédait-il? La police décrit son mode opératoire. «L’homme, qui circulait au volant d’un 4X4 noir, demandait aux enfants de l’aider à uriner. Dans la plupart des cas, il se masturbait ensuite en présence de l’enfant.» Parfois, il a été masturbé par les enfants eux-mêmes. Ces actes étaient commis surtout les mercredis et les samedis.
Un père de famille
La police précise toutefois que l’individu n’a jamais usé de la force à l’encontre de ses victimes. A l’évidence, il avait un contact facile avec les enfants. Cela lui permettait de les attirer dans des allées d’immeubles.
Un même profil ADN a pu être prélevé sur plusieurs scènes de crime, mais il était inconnu des registres en Suisse et en France. En janvier de cette année, de nouveaux éléments ont permis de cibler le véhicule et d’arrêter l’auteur des faits. Il a été interpellé le 30 janvier?2011, date à laquelle il a été écroué.
L’homme est un gardien de résidence de nationalité française, âgé de 38?ans et inconnu des services de police des deux côtés de la frontière.
Responsabilité restreinte
Selon nos informations, il est domicilié dans le Pays de Gex et père de plusieurs garçons. Lors des auditions, il a reconnu toutes les agressions sexuelles. En tout, une soixantaine d’actes à connotation sexuelle (exhibitionnisme et actes d’ordre sexuel avec des enfants) peuvent lui être imputés. Et cela entre 1996 et 2011.
Le détenu a aussi avoué spontanément des faits qui n’avaient pas été signalés à la police. Il a d’ailleurs lui-même désigné des lieux où il a sévi.
Toujours selon nos informations, une expertise psychiatrique a conclu à une responsabilité légèrement restreinte mais surtout à un risque concret de récidive.
Signalements suspects
A la fin de l’année 2009, la gendarmerie du Pays de Gex avait enregistré une vague de signalements suspects. «On faisait état d’un homme dans un 4X4 noir au comportement insistant avec des enfants, rappelle un gendarme. Une psychose s’était installée et les enseignants avaient mis les enfants en garde. Mais les signalements n’étaient pas précis.» Ces faits ont cessé dès l’été 2010, affirme notre source, qui assure qu’il s’agissait du même individu.
Pourquoi la police genevoise n’a-t-elle communiqué sur cette affaire que six mois après l’arrestation? «Nous avons dû procéder à beaucoup de témoignages et de recoupements, explique Patrick Pulh, au service de presse. Nous ne voulions pas porter préjudice à l’enquête en révélant au grand jour cette affaire.»