Le canton a pourtant rapidement manifesté sa volonté de mener une politique ambitieuse en établissant, dans les délais impartis par Berne, son plan d’assainissement de l’air (OPair).
Or ce plan de mesures, activé lorsque les valeurs limites d’immissions sont dépassées, constitue l’essentiel de la politique genevoise. Selon le rapport de la Commission externe d’évaluation des politiques publiques, rendu public mercredi, les autres axes de la stratégie cantonale de protection de l’air sont mis de côté.
Afin d’améliorer le dispositif, la commission recommande d’inclure le plan de mesures OPair dans une stratégie globale de protection de l’air. Elle prône aussi la création d’un comité de pilotage composé des directeurs généraux de la mobilité, de l’aménagement du territoire et de la santé, des directions des services de protection de l’air et de l’énergie, notamment.
Volonté politique
Dans le même ordre d’idée, la commission déplore l’absence de suivi de la Confédération et de comparaisons intercantonales. L’échange d’expériences entre les cantons serait bénéfique à tous, estime-t-elle.
La commission, qui s’est saisie elle-même du sujet, a travaillé en étroite collaboration avec le département concerné, a souligné sa présidente Isabelle Terrier, tout en relevant «la réelle volonté politique» de la conseillère d’Etat Isabel Rochat, à la tête de l’Environnement, de s’emparer de ce dossier. Le nouveau plan OPair, en cours d’élaboration, devrait s’inspirer de ces recommandations.
En Suisse, la pollution atmosphérique cause environ 37’000 décès prématurés par an et est à l’origine de 15’000 jours d’hospitalisation chaque année. Elle a également un impact sur les écosystèmes et cause des dégâts à l’enveloppe des bâtiments, notamment les monuments historiques.