«Vous nous feriez une petite démonstration dans la voiture tonneau, Madame Bonfanti?» De passage à la Journée cantonale de la police genevoise au Bois-des-Frères, la cheffe n’a pas hésité à monter dans une curieuse machine permettant de simuler les sensations ressenties lors d’un accident entraînant des tonneaux. Une centaine de Genevois ont aussi essayé samedi ce véhicule de test, installé devant le centre sportif. Maya et Philippe Dutheil, 14?ans, n’en reviennent pas. «Ça fait tout bizarre, surtout quand on reste la tête en bas, on a le sang qui nous monte à la tête, raconte le jeune écolier. Je suis encore au cycle, mais je rêve déjà d’entrer dans la gendarmerie.» Comme Philippe, ils sont venus très nombreux au Centre sportif du Bois-des-Frères pour s’informer sur les différents métiers de la police. Majoritairement masculines, les futures recrues ont ainsi pu tester leurs niveaux de français et de condition physique. Avant ou après la dictée et les parcours sportifs, les postulants ont pu assister à deux accidents, «en vrai», comme dans les films! Voulant éviter un ballon (et un enfant fictif), des cascadeurs ont effectué une collision. Après le choc, le public a assisté au travail des secours, avec désincarcération du conducteur par les pompiers, sous les yeux ébahis des enfants. «Maman, maman, ils enlèvent le toit.» Parmi les spectateurs de cette scène insolite, on trouvait des retraités de la police, des enfants du quartier, des familles et de nombreux policiers en service ou en congé.
Journée phare pour le recrutement
«C’est une journée phare pour nous, explique Monica Bonfanti. Chaque année, nous retrouvons des visiteurs d’une de ces exhibitions parmi les aspirants, se réjouit la cheffe de la Police. A la fin du mois de septembre, 28 nouveaux gendarmes seront assermentés. Et la police judiciaire comptera également de nouveaux membres au printemps.» Une augmentation des effectifs qui n’est pas encore mirobolante, mais qui va dans le sens de la volonté annoncée pas le canton. «Certes, beaucoup d’entre eux remplaceront des départs, mais il y aura des nouveaux postes», assure Monica Bonfanti.
De la banque à la brigade financière
Nouveauté cette année, la décision d’ouvrir aux Suisses âgés de 30 à 35?ans et bénéficiant d’une formation professionnelle la possibilité d’embraser une carrière à la police cantonale. Une annonce récente qui a déjà fait mouche. «Nous avons eu une bonne trentaine de personnes âgées de plus de 30?ans intéressées par la profession, assure Philippe Cosandey, porte-parle de la police. Tant pour la gendarmerie que pour la police judiciaire.» A l’image de ce père de famille, venu avec sa femme et ses enfants de France voisine. «Je suis cadre dans une banque basée à Genève. Je dispose de plusieurs brevets, je viens me renseigner pour intégrer la brigade financière.»
Changer de vie
Un autre jeune papa s’intéresse à la gendarmerie. «J’ai 33?ans, un CFC dans le bâtiment et j’ai du travail. C’est bien, mais maintenant que j’ai une famille, j’aimerais changer de vie.» D’autres visiteurs attendent la fin de leurs études ou la nationalité suisse pour postuler. «J’ai 26?ans et je viens du Brésil, explique André Dacosta. J’ai toujours rêvé d’intégrer les rangs de la police, mais dans mon pays ce n’est pas possible, c’est beaucoup trop dangereux. Je vais être Suisse prochainement et j’espère pouvoir entrer un jour dans la police genevoise. Je termine mon CFC en gestion de commerce en 2011 et les tests demandés ne me paraissent pas insurmontables.»