Des mesures urgentes s’imposent pour décharger la prison de Champ-Dollon. Le Département de la sécurité compte implanter, «avec la plus grande célérité», des modules préfabriqués qui donneront 100 places supplémentaires à la prison de Champ-Dollon. Conçue pour abriter 270 détenus, elle en comptait hier 523. Si la surpopulation est un problème chronique à Champ-Dollon, des pics records ont été atteints ces dernières semaines, menant le syndicat des gardiens à tirer la sonnette d’alarme.
«Vite et bien»
La construction devrait coûter de 25 à 30 millions de francs. Six ou sept millions s’y ajouteront pour les frais annuels de fonctionnement. S’exprimant hier soir sur les ondes de la RSR, la conseillère d’Etat Isabel Rochat a rappelé que l’Exécutif cantonal avait lancé dès septembre 2009 une politique pénitentiaire avec des investissements à la clé, mais que la situation devenait urgente. «Le but est de faire vite et bien, résume Georges Lapraz, directeur de l’Office pénitentiaire. Une fois les crédits obtenus du parlement, on peut monter ces structures en une semaine. Et les cellules correspondent aux normes européennes de détention.» Cette adjonction prendrait place sur un terrain pénitentiaire qui jouxte Champ-Dollon. Elle pourrait être appelée à servir sur le long terme et serait vouée à la détention préventive.
Membre de la commission parlementaire des visiteurs officiels, Renaud Gautier réagit positivement: «Il était temps qu’on traite de cette surpopulation et que l’on admette la réalité, se félicite ce libéral. Certains envisageaient ce genre de mesures à Palexpo ou à la caserne. Mais il est plus judicieux de les installer là où la sécurité est déjà présente.» Le député s’est rendu à Champ-Dollon il y a dix jours: «L’ambiance est celle d’une gigantesque partie de poker, témoigne-t-il. On sent que la moindre étincelle peut provoquer une mort d’homme.»