Le principal point faible de l’aéroport tient en un mot: parking. La raison en est simple. Cointrin ne peut accueillir que 6500 voitures, alors que le site emploie 750 collaborateurs et abrite environ 160 entreprises, réparties sur l’ensemble de la plate-forme. Chaque jour, ce sont plus 8000?personnes qui se déplacent dans la zone aéroportuaire pour y travailler.
«La situation est claire, nous manquons cruellement de places de stationnement, reconnaît Bertrand Stämpfli, porte-parole de l’aéroport. Mais nous faisons de gros efforts pour inciter nos employés à utiliser les transports en commun.»
Situation anxiogène
Soit, mais tout le monde n’a malheureusement pas encore le réflexe vert qui s’impose. Et si on tient compte en plus de la clientèle – évidemment prioritaire sur le personnel – le problème s’aggrave. «Durant les périodes de départs en vacances, la saturation des parkings est chronique», relève Bertrand Stämpfli. Résultat: les clients venant de loin doivent tourner un long moment avant de trouver une place de parc. Ils courent également le risque de manquer leur avion.
Conscient du problème, Cointrin a décidé de prendre le taureau par les cornes. Depuis mardi, les voyageurs en partance de Genève ont la possibilité de réserver sur Internet un emplacement pour leur voiture, au 2e sous-sol du parking P1. Le service s’appelle resaPark et coûte la somme forfaitaire de 20?francs. Deux cents places peuvent ainsi être réservées en quelques clics de souris.
Mais cela ne règle pas encore le problème. En raison de sa taille, le dispositif ne présente qu’une solution homéopathique au mal. «Selon l’International Air Transport Association, il faut compter environ 1000?places de parc pour un million de passagers annuels», souligne Bertrand Stämpfli. Cointrin est loin du compte. «Mais on s’en sort quand même avec ce que l’on a.»
A ce rythme, dans les décennies à venir, la situation risque même de devenir ingérable. Rien qu’en 2008, l’aéroport a atteint le chiffre record de 11,5 millions de passagers. «En 2020, nous prévoyons de passer à 15 millions», rappelle le porte-parole.
Ce succès est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles Cointrin a entrepris de rénover ses structures d’accueil. La fin du chantier a été inaugurée il y a un peu plus d’une semaine (lire nos éditions du 27 octobre). Résultat: sa surface totale s’est agrandie de 40%.
«Un chantier permanent»
A quand des travaux pour développer le parking? «Nous envisageons de construire environ 2700?places pour nos collaborateurs, côté Versoix», précise Bertrand Stämpfli. D’autres projets sont dans le pipeline. Mais les responsables de Cointrin veulent garder la discrétion sur la suite des opérations. «Nous avons étudié d’autres options. Des demandes de construction ont été déposées à l’Etat.»
L’une des pistes: un parking flambant neuf au-dessus d’une autoroute couverte, sur le tronçon situé en face de l’aérogare. A la fin du mois d’octobre, le conseiller fédéral Moritz Leuenberger l’avait déclaré: «Cointrin est un chantier permanent.»