Après un long défilé à vélo à travers la ville, le lobby provélo Actif Trafic a déposé son initiative sur la «mobilité douce».
S’il est accepté, le texte changera la physionomie de nos rues. Il réclame en effet l’établissement d’un plan directeur cantonal pour la mobilité douce et surtout, dans un délai de huit ans, des mesures concrètes en faveur du vélo et des piétons. Parmi elles figurent la création de pistes cyclables continues le long des routes du réseau primaire et secondaire du canton, la construction de lieux de stationnement pour les vélos, et de passages piétons sécurisés.
Munie de plus de 14?000 paraphes, l’initiative est soutenue par la gauche (PS, Solidarités, Verts, Communistes), la galaxie écolo (ATE, Noé 21, Roc, Pro Vélo) et même le PDC. Curieusement, les autres partis de droite n’ont pas été approchés: «On a été refroidis quand les représentants d’Ecologie libérale nous ont dit qu’ils ne signeraient jamais un texte avec les Communistes», relève Andrea von Maltitz d’Actif Trafic.
«Le vélo? Une religion»
On voit de tout dans les manifestations, et celle d’hier qui s’est déroulée entre les Bastions, Chantepoulet et la rue des Acacias, n’a pas fait exception.
Jérémie Rapp par exemple a fait le parcours juché sur un vélo culminant à deux mètres. Le jeune homme a fabriqué lui-même sa monture, qui a fait sourire le public. Monté sur une bécane aux roues minuscules, Stéphane, un coursier à vélo employé chez Courrex, est venu pour défendre les pistes cyclables: «Les pistes, c’est mon bureau à moi. Et sur mon bureau toute la journée, je trouve des Vespa, des véhicules de DHL!» On le devine, Stéphane manifeste un amour immodéré pour le vélo: «C’est une religion: un vélo va de l’avant. On laisse ses problèmes derrière soi.»
Qui paiera les aménagements?
Qui paiera les aménagements demandés par l'initiative? L’Etat et les communes, répond le texte, qui laisse une petite marge de manœuvre aux autorités pour mettre en place les pistes cyclables dans les zones difficiles: «Pour les secteurs où elles ne peuvent pas être aménagées, elles seront remplacées par des bandes cyclables», souligne l’initiative. Pour créer son texte, Actif Trafic a utilisé une démarche originale. Il l’a négocié point par point avec ses alliés. Ce qui explique que les demandes soient finalement un peu moins radicales que celles déposées en Suisse alémanique, où on réclame dans quatre cantons une hausse de la mobilité douce de 10% en dix ans. Cette modération explique aussi la présence du PDC dans le comité d’initiative.
Le Grand Conseil a maintenant un peu plus de deux ans pour traiter l’initiative.