La rentrée scolaire est souvent un casse-tête pour les parents, faute de lieux d’accueil pour leurs enfants. Les crèches débordent dans tout le canton et les quelques places vacantes dans les garderies ne suffisent pas à satisfaire les besoins. Si seulement il existait une structure cantonale centralisée permettant aux parents de savoir où il reste de la place. Mais ce n’est pas le cas! Pire, une bonne partie des communes ne savent pas combien d’enfants ont un mode de garde, et combien sont en attente.
Il est totalement impossible de trouver des chiffres exhaustifs en matière de petite enfance à Genève. Aucune statistique n’est disponible, que ce soit auprès du Service de recherche en éducation ou à l’Office cantonale de la statistique. La raison? Chaque commune gère individuellement sa politique en matière de petite enfance.
Aucune vue d’ensemble
Le problème, c’est que même dans les mairies, il est fort difficile d’obtenir des chiffres. Au Grand-Saconnex par exemple, le Conseil administratif sait que 200 enfants sont accueillis dans les deux structures communales et qu’une centaine sont en liste d’attente. Mais concernant les six autres structures d’accueil sises sur leur territoire… aucune idée.
Pour connaître le nombre d’enfants encadrés, il faudrait que les parents appellent chaque institution. Idem pour les inscriptions, les parents désireux de trouver un lieu d’accueil pour leur chérubin devront faire le parcours du combattant et contacter chaque établissement directement.
«Il est vrai qu’il devient important pour nous d’avoir une vue d’ensemble, précise Jean-Marc Comte, conseiller administratif au Grand-Saconnex. Idéalement, chaque commune devrait s’atteler à synthétiser ses demandes afin de cibler les accueils qui correspondent aux besoins de la population.»
Et le Grand-Saconnex n’est de loin pas seul dans ce cas. Faute de coordination, chaque commune gère depuis des années sa propre politique. Certaines, à l’instar de la Ville de Genève, Meyrin, Vernier et Carouge, ont d’ailleurs créé des structures centralisées.
Au Grand Conseil, la Commission de l’enseignement, de l’éducation et de la culture est consciente du problème. «Tous les commissaires sont d’accord pour dire que la gestion actuelle ne convient pas», indique la députée libérale Nathalie Fontanet.
Les députés analysent actuellement l’initiative «Pour une véritable politique d’accueil de la petite enfance», qui demande une place en crèche par enfant et qui permettrait de créer une structure plus centralisée. Un début de solution pourrait également venir de la loi actuelle sur les structures d’accueil de la petite enfance qui stipule que l’Etat doit instituer un observatoire cantonal de la petite enfance.
Ceci pourrait être mis sur pied dans les deux années à venir selon Serge Baehler, secrétaire général adjoint du Département de l’instruction publique.