Un conducteur de 26?ans vient d’être inculpé d’homicide par négligence. Interpellé samedi matin après le drame de la route de Chêne (lire nos éditions du 2 novembre), S. a obtenu sa libération provisoire mercredi.
Le 31 octobre, cet habitant de Thônex conduisait en état d’ébriété lorsque son passager est tombé du véhicule en raison d’une portière défectueuse. Ce Portugais de 29?ans est mort peu après sa chute. Sous le choc, l’inculpé explique, dans le cadre de l’enquête, que la victime «valait plus que de l’or», qu’ils étaient les meilleurs amis du monde. Aujourd’hui, le Genevois s’en veut: «J’ai perdu quelqu’un de très cher.»
Un taux de 2,31‰ d’alcool
Le soir du drame, l’inculpé l’avait invité manger chez lui avec deux amies. Un repas arrosé de blanc, de rosé, de whisky. Vers minuit, la compagnie sort. Le Portugais prend sa voiture, une VW Polo, et part avec son ami pour aller danser à la SIP à Plainpalais. Là, S. force sur le rhum coca. Vers 4 h 30, les deux copains changent d’établissement. Ils se rendent à la place de la Fusterie et continuent la nuit au B Club. D’après les enquêteurs, ils abusent encore de la boisson. Vers 7 h 15, ils décident de rentrer chez eux. Selon l’inculpé, la victime, qui aurait trop bu, lui demande de prendre le volant. En dépit de son retrait de permis, S. accepte. Une fois montés dans la voiture, les deux hommes réalisent que la portière côté passager ne ferme plus. Qu’à cela ne tienne, S. démarre mais prie son ami, qui vit à Malagnou, d’attacher sa ceinture. En vain. Aux Eaux-Vives, le conducteur prend un virage le menant à la route de Chêne. La portière s’ouvre, le passager tombe de la voiture et percute la glissière de sécurité. S., lui, continue de rouler. Soudain, il regarde sur sa droite et réalise que le passager n’est plus dans la voiture. Il jette un œil dans le rétroviseur et comprend le drame. Malgré un massage cardiaque, les secouristes ne parviendront pas à sauver la victime.
Selon un témoin, S. roulait trop vite, il zigzaguait et faisait crisser ses pneus sur la route. Un autre passant contredit cette version. L’enquête en cours permettra d’y voir plus clair. Selon nos informations, ce matin-là, l’inculpé, sans travail depuis deux ans, avait un taux d’alcool de 2,31‰ . Il avait déjà eu, par le passé, cinq interdictions de circulation, notamment pour des excès de vitesse. Lors du dernier retrait, encore en vigueur, l’homme avait 1,8‰ d’alcool dans le sang. En le relâchant mercredi, la juge lui a ordonné de suivre un traitement pour évaluer son problème avec l’alcool. Me Barth, avocat de S., indique que son client est «effondré». Pour le surplus, l’avocat se refuse «en l’état» à tout commentaire.