Le comité directeur du Parti démocrate chrétien (PDC) n'a pas traîné. Réuni hier soir, il a refusé sèchement d'ouvrir sa liste de candidats à l'élection au Grand Conseil à des membres du Parti évangélique. "La décision a été prise à l'unanimité moins une voix", explique Fabiano Forte, le président du parti. Comment expliquer ce rejet? "Après analyse, nous avons convenu que nous avions des divergences fondamentales sur un trop grand nombre de points", souligne le député. "Parmi eux: l'avortement, le partenariat enregistré, la recherche. On ne peut pas transiger non plus sur la séparation des activités politiques, qui relèvent du monde, des activités religieuses qui relèvent, elles, du spirituel". A noter que ces scrupules n'ont pas empêché le PDC suisse d'accueillir dans son groupe aux Chambres des élus évangélistes, comme d'ailleurs des représentants du mouvement écologie libérale. Il est vrai toutefois que le PDC suisse n'a ouvert son groupe qu'après l'élection et n'a présenté sur ses listes que des membres de son propre parti. De même, on peut penser que le PDC Suisse est peut-être plus proches des positions évangéliques que le PDC genevois. Quoi qu'il en soit, cette décision marque la fin de discussions et de contacts informels engagées entre les deux formations dans la foulée de l'élection à la constituante. "Nous resterons naturellement en contacts cordiaux avec les évangélistes comme avec les autres partis du canton", précise Fabiano Forte.
La messe est dite, mais le refus du PDC ne signifie pas que les évangélistes ne se se présenteront pas au Grand Conseil. Bien que leurs chances d'être élus soient minces vu la barre du quorum fixé à 7% des suffrages, le dépôt d'une liste reste encore un bon moyen de se faire connaître.