Couvant sous la cendre, le débat sur les prisons pourrait s’enflammer à nouveaux à quelques semaines des élections. Le PDC déposera la semaine prochaine un projet d’investissement au Grand Conseil réclamant la construction d’une prison de plus à Genève. Lors de la prochaine session, il tentera de demander un débat urgent pour débattre rapidement de sa proposition. Sur le fond, l’argumentation du parti est simple: «Aujourd’hui à Genève, on peut se demander si la justice n’évite pas de mettre en détention des personnes qui devraient y être pour éviter de l’encombrer», déplore le député Guillaume Barazzone. De ce constat découle l’idée de construire un nouveau Champ-Dollon destiné à la détention préventive et à l’exécution anticipée de peines. Une solution à laquelle d’autres partis ont aussi pensé ( lire ci-contre ).
«Une vraie prison»
Selon le PDC, le nouvel établissement devrait être susceptible d’accueillir 200 à 300 nouveaux détenus. «Un chiffre impératif vu les prévisions carcérales du canton d’ici 2015», souligne le député. Mais la sécurité n’est pas le seul motif d’action du parti, il en est un autre, humanitaire: «Vu la surpopulation, les promenades sont réduites. Les détenus passent désormais 23?heures enfermés à Champ-Dollon et une heure seulement en promenade. Ce n’est pas acceptable», insiste le conseiller municipal Vincent Maitre. Quoi qu’il en soit, «il faut arrêter de bricoler des solutions partielles et construire une vraie prison!» conclut le président du parti, Fabiano Forte. Au fait, combien coûterait le pénitencier? On l’ignore, le projet n’est pas chiffré. A vue de nez, on peut penser que la construction de La Brénaz ayant coûté au total 23 millions pour 68 places, l’édification d’un second Champ-Dollon coûterait une centaine de millions. «La sécurité n’a pas de prix», explique simplement Fabiano Forte.