ÉLECTIONS

«Le Parti socialiste reste un parti politique. Pas un loft!»

Par ÉRIC BUDRY le 19.02.2009 à 00:00

Candidat à sa propre succession, Charles Beer doit obtenir l’aval de son parti samedi. Malgré de folles rumeurs, l’homme est serein.

Ancien syndicaliste, Charles Beer est devenu le patron des écoles genevoises en 2003 à la faveur d’une élection complémentaire qui l’avait opposé au radical François Longchamp. Le moins que l’on puisse dire est que, depuis, la gestion du Département de l’instruction publique n’a pas été une sinécure. Six ans plus tard, la tempête semble pourtant en voie d’apaisement.

C’est donc a priori un magistrat à l’esprit tranquille qui devrait solliciter la confiance des socialistes ce samedi pour un ultime mandat. Mais la
candidature surprise de Manuel Tornare a jeté le trouble.

Songez-vous, en cas de réélection, à changer de département?

En aucun cas. Je suis candidat à l’élection du Conseil d’Etat et candidat à ma propre succession à l’Instruction publique. J’ai développé un projet que je compte mener à bien ces quatre ans à venir. Car ce sera ma dernière législature. Je suis opposé, en tous les cas pour les magistrats, aux demandes de dérogation auprès des partis.

Etes-vous inquiet pour votre candidature soumise au congrès du PS ce samedi?

Un magistrat peut être critiqué. Il existe donc la possibilité qu’il soit remercié par son parti. La question est de savoir pour quelles raisons. En six ans, je n’ai essuyé aucune attaque et mes rapports annuels ont toujours été adoptés à l’unanimité du congrès. Je suis resté proche du PS, de ses instances comme de ses choix. Même s’il y a un peu de stress, je me rendrai devant celui-ci l’esprit serein. Le Parti socialiste reste un parti politique. Pas un loft!
Etes-vous favorable à des règles strictes pour imposer la parité au sein du parti?

Ce n’est pas d’hier que le Parti socialiste a un engagement féministe fort. En revanche, j’estime que nous ne pouvons nous enfermer en adoptant un système de quotas. Nous avons par exemple aujourd’hui d’excellentes candidatures féminines. Dans cinq ans, il pourrait y avoir deux femmes socialistes au Conseil d’Etat.

Ou sept hommes au gouvernement comme actuellement…

Il est vrai que si on fait le cumul des événements qui ont conduit à cela, c’est assez traumatisant. Opposé aux quotas, j’ai néanmoins de la peine à assumer un Conseil d’Etat composé uniquement d’hommes. Pas parce que nous travaillons mal, mais parce que cela ne va pas en termes de représentativité démocratique.

Que faire, alors?

La réponse est de la responsabilité de tous les partis, y compris du PS. Qui doit amener sa part de changement. Je ne veux absolument pas criminaliser la candidature de Manuel Tornare en disant cela. Il est un excellent maire de la Ville de Genève. De toute façon, il ne m’appartient pas de choisir qui m’accompagnera sur notre liste.

Les deux sièges socialistes au Conseil d’Etat sont-ils menacés?

Je suis optimiste et cela repose sur des analyses. Nous sommes aujourd’hui face à une crise financière, économique et sociale qui légitime une présence socialiste forte. Pour s’imposer, le PS doit toutefois tenir un langage clair et simple sur son programme économique. Ce dernier a deux volets: la relance par des investissements et la défense de l’emploi. Il nous faut être unis et proches des craintes de la population, particulièrement de la classe moyenne et de ceux qui sont précarisés.

Pour vous, l’école genevoise est en pleine restructuration, en voie de consolidation ou à la dérive?

Je dirais qu’elle est en grande partie en réorganisation. Et cela dans trois directions fondamentales. La première est celle de la réaffirmation des exigences. La deuxième concerne le renforcement des soutiens que nous pouvons offrir aux élèves et à leurs familles afin de tenter de maintenir une égalité des chances malmenée par la montée des inégalités.

Enfin, nous menons une réforme des structures visant à renforcer le service public par l’autonomie des établissements et un nouveau partenariat avec les parents. Il s’agit en résumé d’adapter notre école au XXIe siècle, dans le cadre de l’harmonisation scolaire au niveau suisse et romand.

Mais les résultats genevois à PISA sont médiocres.

Il faut être très prudent lorsque l’on critique notre école par le biais de PISA. En sciences, Genève se classe en troisième place en Suisse romande si on ne prend en compte que les élèves nés en Suisse.

Quant aux non-natifs, leur résultat les place au quatrième rang dans cette catégorie d’élèves. Si Genève est bon dernier au final, c’est parce que 45% de nos élèves ne sont pas nés ici et que cela tire la moyenne vers le bas.

Il ne s’agit pas de dire que c’est la faute des étrangers, mais en tirer la conclusion que notre école fait un travail remarquable d’intégration ne désavantageant pas les élèves nés en Suisse.


La bio du candidat

- Charles Beer est né en 1961 à Genève. Il est père de deux enfants.

- Ancien sportif émérite, il a longtemps pratiqué le judo. Aujourd’hui, il joue encore occasionnellement au tennis et fait de la course à pied.

- Détenteur d’un diplôme de l’Institut d’études sociales de Genève, il n’a toutefois exercé que peu de temps la profession d’assistant social.

- Dès 1988, il entame en effet une carrière de syndicaliste. Il dirigera le syndicat Actions UNIA durant près de quinze ans. De 1997 à 2003, il sera membre du comité directeur de l’Union syndicale suisse.

- Il est membre d’Amnesty International, de la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme, de la Déclaration de Berne ou encore de l’Asloca.

- Charles Beer a adhéré au Parti socialiste en 1979, alors qu’il était âgé de 18 ans. Ce n’est qu’en 1987 qu’il a assumé son premier mandat politique (conseiller municipal à Vernier).

- En 1997, il est élu au Grand Conseil. Il y devient un des spécialistes des dossiers scolaires. En 2001, il est réélu.

- C’est en mars 2003 qu’il accède au Conseil d’Etat suite à une élection partielle que l’accession de Micheline Calmy-Rey au Conseil fédéral a rendue nécessaire. Il s’empare de l’Instruction publique. En 2005, il repart pour un deuxième mandat. EBy

Sondage

Hooliganisme: faut-il fouiller tous les supporters à l'entrée des stades?





Dernières offres

Marché

Administrateur SAP BC (Basis) expérimenté / H-F JPL Informatique SA, Vaud

Un(e) Assistant(e) Corporate Service ConnectPartners Sàrl, Geneve

Test Manager (H/F) QIM Info SA, Geneve

Sondage

Des tours aux Vernets: qu'en pensez-vous?





Service clients

  • Abonnements et renseignements
    Nous contacter
    lu-ve 7h30-12h/13h30-17h
    Tél. 0842 850 150, Fax 022 322 33 74
    Depuis l'étranger: +41 22 322 33 10
    Adresse postale: Service clients
    CP 5306 - 1211 Genève 11

Quel conseiller d'État vous inspire le plus confiance?

Charles Beer

 
11.7%

David Hiler

 
26.2%

Michèle Künzler

 
2.6%

François Longchamp

 
16.7%

Mark Muller

 
5.7%

Isabel Rochat

 
3.6%

Pierre-François Unger

 
12.7%

Je ne sais pas

 
20.8%

Biens immobiliers

Marktplatz
Recherche immobilière

Liens Immobiliers
Déménager
Comparer hypothèques
Habiter
Publier une annonce
Saisir votre annonce
Cartons de déménagement
homegate Des cartons pratiques de homegate.ch sont livrés à domicile. Plus

En coopération avec:

Homegate

SEARCH.ch

Commerce