CONGRES

Véronique Pürro et Charles Beer sont les candidats socialistes au Conseil d'Etat

Par Jérôme Faas le 22.02.2009 à 14:30

Le Parti socialiste genevois a désigné aujourd'hui ses candidats au Conseil d'Etat. Charles Beer a obtenu la majorité absolue au premier tour. Manuel Tornare et Laurence Fehlmann Rielle se sont retirés de la course pour le 2e tour.

Le Parti socialiste s'est réuni aujourd'hui en congrès pour désigner ses candidats à l'élection du Conseil d'Etat. Rassemblés depuis ce matin dans la salle communale de Plainpalais, les membres ont accordé leur confiance au patron du DIP. 

Au premier tour, Charles Beer, conseiller d'Etat en place, a obtenu 251 voix sur 360. Il dépasse donc la majorité absolue fixée à 180 voix et assure sa présence sur le ticket socialiste.

Véronique Pürro a obtenu 158 voix, Anne Emery-Torracinta 129, Manuel Tornare 75 et Laurence Fehlmann Rielle 61.

On disait de lui qu'il était le candidat le plus menaçant face à Charles Beer. Les membres en ont décidé autrement: Manuel Tornare qui s'était annoncé tardivement dans la course et avait fait craindre le pire à ses concurrents a décidé de se retirer. Idem pour Laurence Fehlmann Rielle, ancienne présidente du parti.

Deux femmes au coude à coude

Le ticket socialiste assure finalement la parité. Véronique Pürro et Anne Emery-Torracinta se sont affrontées au deuxième tour. C'est Véronique Pürro, appuyée par Charles Beer et députée au Grand-Conseil qui a abtenu sa place avec 196 voix, contre 152 voix pour Anne Emery-Torracinta.


 

« Le département des Institutions est magnifique »

Quelques minutes après avoir été désignée par 196 militants socialistes (son adversaire Anne Emery-Torracinta a obtenu 152 suffrages), Véronique Pürro espérait avoir l'opportunité de faire pencher la politique du gouvernement plus à gauche.

Vous accompagnerez Charles Beer dans la course au Conseil d’Etat. Que ressentez-vous ?
Je suis émue. Ce n’était pas gagné d’avance. Il était temps que la campagne se termine. J’ai douté jusqu’au bout. Je suis surtout heureuse de gagner dans ces circonstances, suite à une campagne argumentée.


Plusieurs socialistes jugent que l’actuel Conseil d’Etat, à majorité rose-verte, mène une politique « d’extrême-centre ». Partagez-vous ce point de vue ?

Le Conseil d’Etat n’est pas assez à gauche. Mais à sa décharge, il faut aussi prendre en compte que le Parlement est très à droite. On aurait cependant pu imaginer qu’il prenne plus de risques, quitte à ce qu’il se fasse plus souvent gifler par le Grand Conseil.

Vous sentez-vous particulièrement attirée par un département?
Il faut se laisser toutes les portes ouvertes. On ne sait pas quels départements seront libres, ni lesquels seront remodelés. Mais pour répondre à votre question, le département des Institutions, que laisse Laurent Moutinot, est un magnifique département.


 

« Les réseaux souterrains sont efficaces »

Laurence Fehlmann-Rielle, qui a présidé le parti de 2004 à 2008, a obtenu le moins bon score des cinq candidats socialistes : 61 voix. Elle a donc décidé de se retirer après le premier tour, appelant au passage ses partisans à voter pour Véronique Pürro. Les quelques mots qu’elle a adressés aux militants témoignaient de sa déception : « Je prends acte de mon faible score. La fidélité et l’engagement ne paient pas toujours. Parfois, les réseaux souterrains sont plus efficaces. Je reporte mes voix sur la candidate qui dispose du meilleur bagage pour le Conseil d’Etat, Véronique Pürro. » Quelques minutes plus tard, elle a redit, entre deux portes, sa déception.

On vous a senti très amère lorsque vous avez annoncé votre retrait.
J’ai dit cela sur le vif.

Avez-vous le sentiment que votre travail à la présidence du parti n’a pas été reconnu à sa juste valeur ?
Il s’agit parfois d’un travail ingrat. Les autres candidats ont bénéficié de réseaux plus efficaces que moi. Le score que j’ai réalisé m’a déçu.



«Me représenter dans quatre ans ? Pourquoi pas»

Eliminée au second tour après avoir été durant tout l’après-midi au coude à coude avec Véronique Pürro, Anne Emery-Torracinta faisait contre mauvaise fortune bon cœur. Et se félicitait déjà qu’une femme figure sur le ticket socialiste.

Etes-vous déçue par le résultat du vote ?
Evidemment que je le suis. Mais ce qui est positif, c’est ce ticket paritaire. Le Parti socialiste a montré là sa maturité d’esprit.

Véronique Pürro et vous-même vous teniez dans un mouchoir de poche. Qu’est-ce qui a fait pencher la balance ?
C’est difficile à dire. N’importe quel membre du parti peut venir à cette assemblée générale. Il est donc impossible de savoir qui vote, et pourquoi.

Vous étiez plus nouvelle que les autres candidats sur la scène politique. De ce point de vue, votre résultat n’est-il pas positif ?
Dans ce sens-là, je ne suis pas du tout ridicule, c’est vrai.

N’est-ce que partie remise ?
Peut-être. Après tout, pourquoi ne me représenterais-je pas dans quatre ans ? Il n’y a pas de raison que deux femmes socialistes n’accèdent pas au Conseil d’Etat en même temps. Mais je n’ai jamais utilisé ma candidature de cette année comme un tremplin pour le futur.


 
« La population m’aurait mis largement devant »

Le Maire de la Ville de Genève, Manuel Tornare, s’est retiré après le premier tour, où il n’a obtenu que 75 voix. Il juge cependant qu’il aurait été plus rapidement opérationnel au Conseil d’Etat que ses adversaires.

Comment encaissez-vous votre score au premier tour ?

On est toujours déçu. Mais je gère les Sports en Ville, il faut donc savoir être sport dans ces moments-là. Beaucoup de bêtises ont été dites sur moi dans les médias, surtout sur mon ego. On a conditionné l’opinion publique socialiste en faveur de la parité. J’ai notamment été assez surpris de constater, lors de la conférence de presse de présentation des candidats, que certains camarades ont saboté ma candidature.

Comment envisagez-vous la suite de votre carrière ?
Je me battrai toujours pour la gauche. Je n’envisage pas du tout de quitter le Parti socialiste.
Depuis 1973, on n’a jamais vu autant de membres présents à un congrès. J’ai provoqué un débat intéressant. Les candidates ont enfin proposé des solutions à la crise.

Vous avez justement beaucoup insisté sur le fait que vous vous présentiez car vous étiez le plus apte à réagir à la crise financière.
Je pense en effet qu’en période de crise, il aurait été plus profitable d’envoyer au Conseil d’Etat une personne avec une grande connaissance du travail à l’Exécutif, plutôt que d’autres qui mettront des mois et des mois avant d’être opérationnelles.

Pensez-vous que votre non-désignation fragilise le ticket socialiste ?
La population m’aurait mis largement devant. Le Parti a fait un choix idéologique même si les autres candidatures étaient de bonne qualité. Les membres ont voté utile en fonction d’une certaine conception de la parité. Je pense en outre qu’avec mon bilan en Ville, j’étais le plus à gauche des candidats. 

 

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