Ah la route! Les transports! Ces sujets sont irrésistibles. Prenez la commune de Vésenaz. Depuis trente ans, elle porte à bout de bras son projet de traversée du village en tranchée couverte. Mais «tout vient à point à qui sait attendre», et hier le parlement a voté 39 millions pour permettre la construction de cet ouvrage long de 500 mètres. A cette somme s’ajoutera une importante contribution communale évaluée à 21 millions. L’accueil plutôt frais que la Confédération avait réservé à ce chantier présenté dans le cadre des projets d’agglomération cantonaux n’a pas retenu le Grand Conseil.
Contestation du PS et des Verts
En fait, il ne s’est trouvé que les Verts et le PS pour contester l’ouvrage: «Vous allez consacrer 112?000?francs par habitant et par mètre pour amener plus de trafic en Ville!» s’inquiète la cheffe de groupe Verte Emilie Flamand. «Que la commune se paye toute seule son joujou!» tonne Morgane Gauthier.
«Ce chantier n’a qu’un intérêt communal, il ne s’intègre ni au CEVA ni à la traversée de la rade», termine la socialiste Elisabeth Châtelain. Tant qu’à dépenser, la gauche propose au gouvernement de prolonger le bus jusqu’à la frontière et d’y créer un parking d’échange. A droite, on ne comprend pas cette opposition têtue.
«Il serait tout de même temps que la gauche soutienne un projet routier!» soulignent l’UDC Antoine Bertschy et le radical Jacques Jeannerat. «Il sera très utile pour améliorer la qualité de vie des habitants et sera conçu pour permettre le passage d’un futur tram», argumente le PDC Mario Cavaleri.
«Au delà, il va faciliter la vie de 50?000 personnes du secteur», explique le libéral et ancien magistrat de la commune concernée, David Amsler, qui ajoute que la tranchée de Vésenaz ressemble à d’autres projets actuellement en cours à Meyrin ou au Grand-Saconnex.
Qu’en pense le futur maître d’œuvre, le conseiller d’Etat Mark Muller? «Le gouvernement est favorable à cette infrastructure. Elle est attendue depuis longtemps et inscrite dans le plan du réseau routier et le projet d’agglomération.
Même la Confédération l’a acceptée. La question n’est donc pas de dire s’il faut une traversée de Vésenaz, mais simplement comment la financer.» Au vote, le projet donne lieu à un vote gauche droite. Celle-ci l’emporte par 50 oui contre 27 non (PS, Verts) et une abstention.
Et encore: les députés ont accepté à l’unanimité un projet du conseiller d’Etat Pierre-François Unger attribuant 10 millions à la Fondation d’aide aux entreprises afin de lui permettre de cautionner des entreprises en manque de trésorerie.