On l’avait d’abord prévu pour l’automne dernier, on l’avait reporté à l’été, mais c’est finalement vendredi que démarrera le grand remue-ménage qui est nécessaire pour greffer la nouvelle ligne de tram Cornavin-Onex-Bernex (TCOB) au maillage ferroviaire entourant la basilique Notre-Dame, près de la gare.
La réfection des aiguillages forcera d’interrompre le trafic des trams, de vendredi matin à lundi soir, sur toute la Rive droite ainsi que le long du boulevard Georges-Favon.
«C’est la première fois que l’extension du réseau de tramways oblige d’interrompre leur circulation», note l’ingénieur cantonal René Leutwyler. En fait, le chambardement a déjà commencé le mois dernier. Une paire de nouveaux rails est en cours d’installation le long de la place des Vingt-Deux-Cantons. Du coup, depuis le 16 février, les automobiles venant de la Servette ne peuvent plus tourner à gauche vers la place de Cornavin.
Trafic routier normal
Mais désormais, on opère la jonction de la nouvelle ligne au réseau existant, lequel doit dès lors être interrompu. Ce week-end, les ouvriers réaliseront une croix devant le cinéma Rialto. «Sur un tronçon, il n’y aura plus de rails», explique sobrement Isabel Pereira, porte-parole des TPG. Cette phase, la plus critique du chantier TCOB, s’étendra jusqu’à octobre. «On va investir les carrefours, et ça va commencer à coincer», avertit René Leutwyler. Au total, 13 phases de travaux sont prévues, avec cinq étapes de circulation. Le trafic motorisé sur la place des Vingt-Deux-Cantons conservera en tout temps deux voies dans chaque sens, mais avec des détours variés, pour éviter les zones en travaux. Ce week-end, le carrefour routier ne sera pas affecté.
La circulation des trams connaîtra, elle, de nouvelles suspensions, du 25 au 27 juin, et sur une période de neuf jours allant du 10 au 18 juillet. En outre, la rénovation des voies dans le secteur Corraterie et Stand nécessitera une suspension partielle du trafic pendant le week-end de Pentecôte (du 22 au 24 mai). Les périodes vacancières sont privilégiées afin de réduire la gêne.
Cet agenda était «le meilleur compromis entre les nécessités de faire avancer le chantier et de rester dans les limites du supportable», explique Laurent Forestier, au nom du Département des constructions. Pourquoi ne pas tout faire d’un coup? «Une opération-éclair est impossible, explique René Leutwyler. Cela reviendrait à paralyser Cornavin, voire la ville entière, vu la situation centrale de ce quartier.»
Transbordements en bus
De vendredi matin à lundi soir, des navettes de bus remplaceront les trams supprimés, au départ de Rive et Plainpalais – sites dotés d’une boucle de rebroussement. Les passagers seront guidés par des panneaux, des annonces sonores et des employés. Les trams 13 et 15 feront demi-tour à Plainpalais.
Des bus suivront ensuite le tracé habituel du tram vers Cornavin et la place des Nations. Le tram 16 roulera normalement de Moillesulaz à Rive, puis sera relayé par des bus vers Meyrin. Ils n’emprunteront pas le chemin normal des Rues-Basses mais le pont du Mont-Blanc pour rallier la gare. Il n’y aura pas de tram 14, mais des bus portant ce numéro circuleront entre Meyrin et Plainpalais. La ligne 12, elle, n’est pas touchée. Il faut un bus et demi pour remplacer un tram: les TPG ont dû faire appel à des volontaires dans leur personnel.