«Mais comment on rentre là-dedans?» Gisèle, retraitée, s’apprête à vivre sa première nuit en igloo. Température extérieure: – 9?degrés. A l’intérieur: 10 de plus! Voilà de quoi la motiver à se mettre à quatre pattes pour ramper vers son sac de couchage. A l’intérieur, l’espace est réduit: on tient à peine assis et une fois allongé, mieux vaut ne pas avoir la bougeotte. Bref, on sait d’emblée que la nuit sera courte!?
Ce soir, ils sont une dizaine d’intrépides à tenter cette expérience insolite. L’«hôtel» est à quelques minutes du col des Aravis, en Haute-Savoie. Le ciel, immense, est étoilé. Des flambeaux animent la nuit glacée et font danser l’ombre des igloos sur la toile d’un grand tipi. C’est là que la soirée démarre: un bouchon saute. Revigorant, le vin blanc de Savoie! Céline, guide chez Takamaka, lance: «Le temps du repas, on va faire fonctionner un petit chauffage, mais après, je ne peux plus rien pour vous!»
Apéritif énergisant
Le ton est donné: ce soir, il fait très froid, alors chacun garde son bonnet et son manteau de ski. Tout juste enlève-t-on ses gants pour trinquer. Certains viennent de loin pour goûter aux rigueurs de l’hiver. Gisèle et Alain habitent Marseille: «Nos enfants nous ont fait cette surprise comme cadeau de Noël, explique la sexagénaire. C’est vrai que seuls, nous n’aurions pas forcément eu l’idée ou simplement osé, on n’est plus si jeune!»
Un verre de genépi en guise de digestif devrait les aider à affronter le froid qui règne dehors. Chacun choisit son habitation temporaire. Formés de blocs de glace découpés à la scie, les igloos vont protéger du vent et du froid nos vaillants participants. La température qui règne à l’intérieur est fraîche, mais Céline se veut rassurante: «La chaleur de votre corps va réchauffer l’air petit à petit. Comme c’est un endroit réduit, le mercure va grimper au cours de la nuit.»
Silence total
Une théorie que tout le monde ne va pas vérifier! En effet, à peine entrés dans leur igloo, nos deux retraités vont faire machine arrière. «Impossible de dormir dans un espace aussi petit, se justifient-ils. On en deviendrait presque claustrophobe!» C’est donc dans le tipi chauffé qu’ils vont trouver refuge, rejoints à minuit par deux amis, morts de froid. Plus courageux, Pierre et Lucie ont dormi comme des bébés jusqu’au lever du soleil: «C’était une expérience extra! On n’a pas senti le froid, et le matin une lumière très particulière, presque bleutée, traverse les blocs de glace. On n’entend absolument pas les bruits extérieurs, du coup on se retrouve isolé dans cet espace confiné.» Nuit agitée pour certains, magique pour d’autres, les igloos laissent des souvenirs contrastés.
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