Durant ce week-end quasi estival, les Genevois ont envahi la rade et ses environs. Quais et parcs étaient noirs de monde. A peine installées, les «barcelonettes» ont été, elles aussi, littéralement prises d’assaut. «Ces nouvelles buvettes ont le grand avantage d’être au bord de l’eau», se réjouissent les flâneurs. Quand on vit près d’un lac, autant en profiter.
Après une longue polémique, concluant à l’abandon des «ferrazinettes», la Ville de Genève a choisi un modèle catalan. Et ces «barcelonettes» ont visiblement déjà gagné le cœur d’une grande partie de la population. La Tribune de Genève l’a constaté hier sur place.
«Belle harmonie»
Parmi les séduits, David et Marc vantent «la belle harmonie des buvettes version 2010. Tout autour de la rade, ces containers bleus se mêlent parfaitement bien à l’ambiance du Léman.» Les deux amis se félicitent aussi de l’apparition de nombreuses toilettes que l’on repère facilement à leur couleur elle aussi bleutée, mais légèrement plus foncée…
Seule réserve: «Cet aménagement manque quand même un peu de couleurs vives (ndlr: les boutiques touristiques sont grises). On voit bien qu’on n’est pas à Barcelone!» Et il n’y a pas que David et Marc qui regrettent cette retenue genevoise. «C’est plus élégant qu’avant et ça part moins dans tous les sens», estiment Charles et ses trois enfants. Mais «cette esthétique à la barcelonaise est un peu décalée par rapport à l’atmosphère ambiante qui reste très genevoise», ajoutent ces touristes parisiens qui s’apprêtent à faire une virée en Italie.
Privés de soleil?
Les tenanciers sont, eux aussi, plutôt acquis au changement. «L’uniformité des lieux est très plaisante», résume Frederick, employé aux Terrasses Lac, au pied de l’Hôtel Kempinski. A une centaine de mètres, Sam partage ce sentiment à l’intérieur de la rotonde: «C’est plus confortable qu’avant, nos clients sont enchantés. L’unité retrouvée embellit vraiment la rade.» De l’autre côté du lac, le long du quai Gustave-Ador, face au Jet d’eau, Françoise est, quant à elle, nettement moins enthousiaste. «Nos clients ont la nostalgie du passé. Selon eux, ces pavillons ne sont ni chaleureux ni intimes. En plus, c’est très étroit et certains se plaignent de la toiture, qui empêche le soleil de passer. J’ai eu très froid en ce début de saison.» De passage pour tester la pose de cellules photovoltaïques sur les pergolas, le conseiller administratif Rémy Pagani est ravi du «consensus enfin trouvé»: «Il y a plus d’espace pour se promener, on peut savourer une glace près de l’eau. C’est vraiment plus attirant!»